Avant de partir à l’étranger, vous êtes encore nombreux à préférer changer de l’argent que d'en retirer sur place, avec votre carte bancaire. Pourtant, les retraits hors des frontières françaises ne coûtent pas forcément si cher que cela.

Ne pas réussir à trouver un distributeur acceptant sa carte bancaire ; payer des frais exorbitants... Voici les principales craintes qui nous dissuadent encore de retirer de l'argent lors des voyages à l'étranger. Nombre d'entre nous préfèrent encore changer de l'argent avant de partir, quitte à se ballader avec des sommes importantes en espèces.

Pourtant, on peut l’affirmer : ces craintes sont assez largement infondées. La question de l’acceptation d’abord : dans leur immense majorité, les cartes bancaires distribuées par les banques françaises sont « co-badgées », c’est-à-dire qu’elles fonctionnent à la fois sur le réseau national CB et les réseaux internationaux Visa ou Mastercard, présents partout dans le monde. Il est donc très improbable de ne pas réussir à retirer de l’argent, quel que soit le pays du monde.

La question du coût ensuite : retirer à l’étranger ne coûte pas si cher que cela, et peut même ne rien coûter, à condition de posséder la bonne carte bancaire. La preuve.

En zone euro, surcoûts interdits

C’est un des avantages de la monnaie unique : pas besoin de faire du change avant de partir en Espagne, en Italie ou dans tout autre pays ayant choisi de faire de faire de l’euro leur monnaie nationale (1). L’avantage ne s’arrête pas là : la réglementation européenne interdit également de différencier la tarification des retraits selon les pays de la zone. En clair, que l’on se trouve en Espagne, en Finlande ou à Chypre, votre banque devra tarifer les retraits aux distributeurs automatiques de billets (DAB) de la même manière qu’en France.

Généralement, les premiers retraits du mois lorsqu’ils sont réalisés hors du réseau de votre banque - ce qui sera toujours le cas à l’étranger, hors quelques exceptions (BNP Paribas notamment, qui dispose de filiales dans certains pays) - sont gratuits, et facturés autour d’un 1 euro par opération ensuite.

À consulter : banque par banque, les tarifs des retraits en zone euro

Dans l’Union européenne, hors zone euro, transparence obligatoire

Dans les pays membres de l’Union Européenne, mais hors zone euro - c’est-à-dire en Bulgarie, en Croatie, au Danemark, en Hongrie, en Pologne, en République tchèque, en Roumanie et en Suède -, les choses sont un peu moins simples.

Comme en zone euro, les banques ne sont pas censées facturer, dans leurs DAB, des frais de retraits additionnels aux ressortissants de l’UE étrangers. Elles peuvent facturer, en revanche, des frais de change. Certaines ont même mis en place un sytème de « change dynamique », une pratique qui consiste à proposer au voyageur européen de retirer dans la devise du pays où il se trouve, mais d’être débité en euros. Une option qui le dirige souvent, de manière déloyale, vers l'offre de change la plus coûteuse pour lui. Heureusement, depuis le 19 avril dernier, les banques ne peuvent cacher ces frais. Suite à une nouvelle réglementation européenne, elles doivent afficher clairement, et en amont de la transaction, les frais facturés et le taux de change pratiqué à l’occasion du retrait.

Lire aussi : Frais bancaires : ce qui change pour vos paiements internationaux

Hors zone euro, de 0 à 7,90 euros pour un retrait de 100 euros

Que vous soyez dans les frontières de l’Union européenne ou non ne change pas grand-chose : un retrait de cash dans une devise autre que l’euro (dollar américain, livre britannique, yen...) va générer des frais. À moins que vous ayez la chance d’être client des rares banques qui ne facturent pas ce service (voir l’encadré plus bas).

Ces frais, toutefois, ne sont pas calculés partout de la même façon. Le plus souvent, ils le sont en additionnant une commission fixe (entre 2 et 5 euros selon les cas) et une commission proportionnelle au montant retiré (de 1,94% à 3,10%). Certaines enseignes se contentent de frais de change proportionnels, et d’autres d’une commission fixe quel que soit le montant retiré. Attention, ces frais peuvent aussi varier selon la zone géographique du retrait. ING, par exemple, facture des frais de change de 2% du montant retiré, avec un minimum de 0,50 euro. Sauf dans les pays de l’UE, où ce minimum saute.

Au 17 juillet 2020, selon le relevé des tarifs effectués par MoneyVox, le montant facturé pour un retrait DAB de 100 euros en devises étrangères allait de 0 à 7,90 euros (à la Banque de Savoie, filiale de BPCE), avec une moyenne de 5,60 euros. Un montant non négligeable, mais inférieur au prix payé pour une opération de change manuel.

Comparez les tarifs des retraits DAB à l’étranger, hors zone euro

Pour limiter les frais : groupez les retraits, privilégiez les paiements par carte ou… ouvrez un compte dans une banque en ligne !

Comment limiter les frais de retraits quand vous voyagez ? Si les frais facturés par votre banque comportent une part fixe, le meilleur choix économique est de privilégier les gros retraits, mais moins fréquents, pour atténuer l’impact de ce coût fixe. Au risque, toutefois, de vous retrouvez à transporter sur vous des sommes importantes en cash, ce qui n’est pas toujours très sûr… L’autre solution est de préférer la carte bancaire aux espèces pour régler vos achats. Les paiements par carte en devises sont généralement moins onéreux que les retraits. : 2,86 euros pour 100 euros payés, au 17 juillet 2020.

Enfin, il existe une dernière solution, la plus efficace : commander une carte dans les quelques banques qui ne facturent pas les retraits en devises. C’est le cas dans certaines banques traditionnelles, mais seulement pour les clients équipés de cartes très haut de gamme, et donc très coûteuses. Pour trouver une gratuité plus accessible, il faut plutôt s’en remettre aux banques en lignes. Boursorama, avec Ultim, et Fortuneo, avec Fosfo, ont en effet initié une petite révolution en proposant des cartes totalement gratuites, y compris pour les retraits et les paiements à l'étranger.

À consulter : les meilleures offres des banques en ligne

(1) A la date de parution de cet article, la zone est composée de 19 pays : Autriche, Allemagne, Belgique, Chypre, Espagne, Estonie, France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Slovénie