Banques mutualistes

Quatre grands réseaux français sont organisés selon les principes coopératifs du mutualisme : le Crédit Agricole, la Caisse d'Epargne, le Crédit Mutuel et la Banque Populaire (dont la CASDEN et le Crédit Coopératif). Contrairement aux autres banques, elles sont détenues par leurs clients sociétaires, et non des actionnaires.

Une histoire commune

Les banques mutualistes françaises ont été créées au cours du 19e siècle. A l'origine, elles avaient toutes la même vocation : financer l'activité de catégories professionnelles qui n'avaient pas, à cette époque, accès au crédit. Il s'agissait des agriculteurs pour le Crédit Agricole ou le Crédit Mutuel, et des artisans et petits commerçants pour la Banque Populaire.

Pour cela, les banques mutualistes ont repris un principe relativement simple : associer des personnes physiques ou morales au sein d'un ensemble coopératif, afin de garantir collectivement les prêts individuels accordés à leurs membres, appelés sociétaires.

Dans la deuxième partie du 20e siècle, ces banques ont considérablement élargi leur champ de compétences, notamment s'agissant de leurs produits financiers, du crédit ou des assurances, jusqu'à devenir aujourd'hui de grands groupes bancaires généralistes et internationaux.

Par le biais de leurs caisses locales, elles restent toutefois des acteurs de développement de proximité, en investissant dans des projets locaux ou régionaux, souvent à vocation citoyenne.

Comment sont organisées les banques mutualistes ?

Alors que les banques dites nationales, comme BNP Paribas ou Société Générale, ont un fonctionnement centralisé, les banques mutualistes ont une architecture plus complexe, reposant sur deux ou trois échelons, du sociétaire à l'organe national.

La caisse locale (ou Société Locale d'Epargne, ou encore Caisse de Crédit Mutuel) est le fondement de l'organisation coopérative. Son capital social est détenu par ses sociétaires (porteurs de parts sociales), clients ou salariés. Ces derniers sont conviés chaque année à l'assemblée générale de la caisse locale, où ils disposent chacun d'une voix, quel que soit le nombre de parts sociales en leur possession. Ils participent à l'élection des administrateurs qui, durant trois ans, vont les représenter au sein du conseil d'administration de la caisse locale. Celle-ci est une organisation autonome qui gère son propre budget. En tant que personne morale, elle est elle-même sociétaire de la caisse régionale dont elle dépend.

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La caisse régionale (ou fédération au Crédit Mutuel) représente le deuxième échelon. Dans le système mutualiste, c'est déjà une banque de plein droit. Elle collecte l'épargne, distribue les crédits et propose des services bancaires à ses clients. Elle est, avec ses consoeurs, actionnaire majoritaire de la caisse nationale de son enseigne bancaire.

La caisse nationale représente le sommet de l'organisation. Elle se nomme CASA (Crédit Agricole SA), BPCE (Banque Populaire - Caisse d'Epargne) ou Caisse centrale du Crédit Mutuel. Son activité est diversifiée via des filiales spécialisées dans la banque d'investissement, les assurances, la gestion d'actifs ou l'immobilier. Elle est le bras financier du groupe bancaire mutualiste.

Par ailleurs, chaque banque mutualiste dispose également d'un organe politique qui défend les intérêts des caisses régionales et gèrent leurs relations. Ce sont les fédérations nationales (ou confédérations, pour le Crédit Mutuel).

Les particularités de chaque réseau mutualiste

Aux côtés de cette architecture commune, certaines banques mutualistes comportent quelques subtilités.

La Caisse d'Épargne ne s'est régionalisée qu'à partir des années 1980, et n'est mutualiste que depuis 1999, date de création des Sociétés locales d'épargne (SLE), dont la mission est de regrouper les sociétaires. Historiquement, la Caisse d'Epargne dépendait étroitement de la Caisse des dépôts et consignations.

La Banque Populaire et la Caisse d'Épargne dépendent, depuis juillet 2009, du même organe central, BPCE, dont elles possèdent chacune la moitié du capital. BPCE est également le principal actionnaire de la banque d'investissement Natixis. Quant au Crédit Coopératif, il s'agit d'une banque coopérative au statut de Banque Populaire : si elle dispose d'une identité propre (elle est l'une des sociétés-mère de BPCE, dont elle détient 1% du capital), le Crédit Coopératif fait bel et bien partie des Banques Populaires au sein du groupe BPCE.

Il existe, au Crédit Mutuel, un échelon interfédéral. Certaines fédérations se sont en effet agrégées pour constituer des groupes bancaires puissants :

  • D'un côté, le Crédit Mutuel Alliance fédérale (anciennement Crédit Mutuel CIC ou Crédit Mutuel CM11) est composé, à début janvier 2022, des fédérations Centre Est Europe, Ile-de-France, Sud-Est, Savoie-Mont Blanc, Midi Atlantique, Centre, Dauphiné Vivarais, Loire-Atlantique Centre Ouest, Méditerranéen, Normandie, Anjou, Massif Central, Nord Europe et Antilles-Guyane.
  • Le Crédit Mutuel Arkéa regroupe, lui, les fédérations Bretagne et Sud-Ouest.

Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale possède également le réseau CIC et est majoritaire dans le capital de la banque en ligne Monabanq. Arkéa possède, de son côté, Fortuneo. Toujours à début janvier 2022, seules deux caisses du Crédit Mutuel sont indépendantes (Maine-Anjou Basse Normandie et Océan).

Banques mutualistes : les chiffres clés

Crédit AgricoleCaisse d'EpargneCrédit MutuelBanque Populaire
Caisses régionales39151912
Caisses locales2 4061852 016Pas d'échelon local
Administrateurs27 0003 02121 000225
Sociétaires11,2 millions4,5 millions8,3 millions4,8 millions
Clients particuliers21 millions17,7 millions33,2 millions5 millions
Clients
(dont clients pro)
25,1 millions18,2 millions36,1 millions9,5 millions

Chiffres clés des banques mutualistes au 31 décembre 2021 (fin 2020 pour la Caisse d'Epargne)

Les parts sociales ; et l'épargne solidaire.

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