Plusieurs associations dont le Secours Catholique et Emmaüs France militent pour une évolution de l'offre clientèle fragile (OCF), un ensemble de services bancaires insuffisant et stigmatisant selon les conclusions d'un manifeste « pour une inclusion financière universelle » publié mardi.

Premier écueil : les moyens de paiement « proposés aux plus précaires sont le plus souvent inadaptés », relève auprès de l'AFP la porte-parole du Secours Catholique Geneviève Colas.

Les clients OCF n'ont par exemple pas le droit de disposer d'un chéquier, souvent indispensable pour régler les activités sportives ou la cantine des enfants, et sont obligés d'utiliser une carte de paiement à autorisation systématique, pas acceptée chez tous les commerçants (notamment les péages ou les stations-services).

Autre point noir, l'absence de découvert autorisé « alors que ce dernier est malheureusement nécessaire pour se nourrir ou faire le plein à la fin du mois », estime les associations.

688 354 bénéficiaires

Résultat ? Cette offre n'est pas souvent mise en place. Sur les quelque 4,1 millions de personnes identifiées comme fragiles (+8% en un an en 2021) par la Banque de France, 688 354 en bénéficiaient, soit moins de 17%.

« Une difficulté supplémentaire est l'aspect péjoratif de l'Offre spécifique Client Fragile : se voir étiqueté comme fragile n'est pas facile à accepter pour les ménages que nous accompagnons », reprend le manifeste.

Les associations demandent par ailleurs l'harmonisation entre les banques des critères de détection de personnes en situation de fragilité financière.

« Les difficultés d'accès ou d'usage des moyens de paiement et de services bancaires aggravent les situations de pauvreté », insiste Mme Colas, de même que les frais d'incidents bancaires.

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Un geste symbolique

En septembre, Bercy avait obtenu des banques qu'elles passent l'OCF de 3 à 1 euro par mois, un des éléments du « bouclier bancaire » avec la limitation à 2% de la hausse des tarifs l'an prochain.

Cette première mesure est symbolique puisqu'elle représente en année pleine moins de 20 millions d'euros d'économie pour les banques, une goutte d'eau en comparaison de leurs profits.

Les associations signataires du manifeste font par ailleurs un certain nombre d'autres propositions : défense des espèces, meilleure accessibilité des distributeurs automatiques de billets pour les personnes en fauteuil roulant ou encore un encadrement plus strict du crédit à la consommation.

Ce que contient l'offre clientèle fragile