L'économie française peut absorber le choc de la guerre en Ukraine, indique la Banque de France dans un rapport semestriel publié jeudi sur l'évaluation des risques financiers, délivrant un message de « résilience ».

« L'invasion de l'Ukraine par la Russie contribue à dégrader l'environnement macroéconomique global, en accentuant les pressions inflationnistes préexistantes, et abaisse les perspectives de croissance, qui restent toutefois positives dans le scénario central des prévisions », juge la banque centrale dans ce rapport.

Les « risques de marché », c'est-à-dire de chute des marchés financiers sont jugés « très élevés », tout comme les menaces de cyberattaques. Les « pressions sur la rentabilité », les « tensions des conditions de refinancement » et l'exposition au changement climatique sont qualifiées de « risque élevé » qui pourraient s'accentuer à l'avenir pour ces deux derniers.

Sur le climat, la situation est « très délicate » avec des trajectoires de réduction des émissions de CO2 plus difficiles à tenir avec le renchérissement des prix de l'énergie, a commenté lors d'une présentation à la presse Sylvie Goulard, sous-gouverneur de la Banque de France. « L'hypothèse d'un scénario (de transition) ordonné devient plus compliquée », a-t-elle ajouté.

Des motifs d'optimisme

Cependant, de manière générale, « notre message est articulé autour de la résilience », a ajouté Emmanuelle Assouan, directrice générale déléguée en charge du pôle de stabilité financière.

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La Banque de France se réjouit ainsi d'une exposition « limitée » à la Russie et à l'Ukraine, d'une « solvabilité élevée des acteurs financiers », et de la « progression ordonnée des taux », qui est « de nature à augmenter la marge nette d'intérêts ».

L'impact sur les ménages de cette hausse des taux devrait être limité grâce à un endettement très majoritairement à taux fixe, rappelle la Banque de France. La croissance du crédit immobilier (+6,8% en mars, sur un an) « montre qu'il n'y a pas d'arrêt des crédits » s'est en outre réjoui Mme Goulard, alors que plusieurs acteurs de l'immobilier, en particulier les courtiers, s'inquiètent d'un blocage du marché immobilier.