Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a estimé vendredi « raisonnable » que la Banque centrale européenne mette un terme aux taux négatifs « d'ici à la fin de cette année », au moment où l'institution se prépare à poursuivre la normalisation de sa politique.

« Sauf chocs imprévus, je pense qu'il serait raisonnable d'être entré en territoire positif d'ici à la fin de cette année », a affirmé le dirigeant vendredi au cours d'un discours à Paris, en référence au taux d'intérêt imposés aux banques qui confient une partie de leurs liquidités à la BCE au lieu de les distribuer en prêts.

Traditionnellement en territoire positif, ces liquidités placées en réserves sont actuellement à taux négatif, à -0,5%.

L'objectif du taux d'intérêt en-dessous de 0% a été d'encourager les banques à prêter aux ménages et aux entreprises : à taux négatif elles sont contraintes de payer la BCE pour stocker ces fonds, là où normalement elles se font rémunérer par l'institution européenne.

Les hausses de taux d'intérêt font partie de l'arsenal de mesures que la BCE se prépare à adopter afin de mettre progressivement fin à sa politique monétaire très accommodante.

Cette normalisation se fera par le biais de l'arrêt de sa politique de rachat d'actifs, probablement dès juillet, a affirmé récemment sa présidente Christine Lagarde, puis par une remontée progressive des taux.

La normalisation monétaire a notamment pour objectif de tenter d'endiguer l'inflation qui frappe la zone euro et s'est établie en avril au niveau record de 7,5% sur un an.

Jusqu'à 150 € de prime à l'ouverture grâce à notre comparatif des banques en ligne

« Ce voyage est une normalisation pleinement justifiée de la politique, mais pas un resserrement jusqu'à présent », a toutefois précisé vendredi François Villeroy de Galhau, ajoutant que « l'inflation n'est pas seulement plus élevée, elle est plus large », affectant l'ensemble de l'économie.

La vitesse de la normalisation monétaire ne met pas tous les membres de la BCE d'accord. Certains, à l'instar du membre du directoire Fabio Panetta estiment qu'un resserrement risque de plomber l'activité économique déjà fragilisée, tandis que d'autres apppellent à mettre en œuvre sans tarder la normalisation, à l'image d'Isabel Schnabel, également membre du directoire, qui juge possible de relever les taux dès juillet.

Aux Etats-Unis, la Banque centrale américaine est engagée dans un resserrement beaucoup plus marqué, en ayant notamment annoncé mercredi une hausse de ses taux directeurs d'un demi-point, désormais dans une fourchette entre 0,75% et 1%.