L’ex-Crédit Lyonnais s’inquiète pour son avenir, si bien que son directeur général va inviter ses 17 000 salariés à réfléchir sur les solutions à mettre en œuvre pour redresser la barre.

Plus de 20 ans après avoir échappé à la faillite, le Crédit Lyonnais, rebaptisé LCL en 2005, est confronté à une nouvelle crise. L’ennemi incriminé est double : la concurrence et l’insatisfaction des clients. Et, signe que le péril est bien réel, son directeur général Michel Mathieu s’en est ému auprès de ses salariés dans un courrier adressé le 11 mai, comme le révèle Le Monde, où il dresse un tableau particulièrement sombre. « Le monde a changé. La pandémie de Covid-19 a accéléré les transformations et les attentes de nos clients. Je sais la très forte mobilisation dont vous avez fait preuve depuis mars 2020, mais il n’en est pas moins vrai que nous sommes très fortement challengés par nos concurrents et par nos clients », écrit-il.

« Nous avons du mal à préparer l’avenir »

A l’origine de cette inquiétude manifeste, plus du quart des clients de LCL s'estiment mécontents de leur banque, contre 10% d’insatisfaits dans les enseignes les mieux classées, argumente Michel Mathieu. Cette image dégradée est aussi répandue parmi les personnes non clientes de cette filiale du Crédit Agricole, ce qui remet en cause sa capacité à attirer de nouveaux clients et à renouveler sa clientèle existante, d'après son patron. « Notre image auprès de nos prospects mesurée en avril 2021 est à la 10ème place derrière tous nos concurrents bancaires traditionnels sans exception. Cela signifie que nous avons du mal à ouvrir des comptes et donc à préparer l’avenir avec de nouvelles générations de clients », déplore Michel Mathieu dans le courrier consulté par Le Monde.

Les derniers résultats financiers de LCL sont en effet mitigés et dénotent quelque peu avec ceux du Crédit Agricole. Par exemple, au 1er trimestre 2021, le chiffre d’affaires de l'ex-Crédit Lyonnais a certes augmenté de 1,8% par rapport au premier trimestre 2020. Mais, au même moment, le produit net bancaire publié des caisses régionales du Crédit Agricole a bondi de 12%, 10 fois plus !

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Une heure pour penser l'avenir

Le directeur général de LCL appelle donc ses 17 0000 salariés à un sursaut collectif, dont le coup d’envoi sera symboliquement donné ce 20 mai. Jeudi prochain, tous les établissements de la marque, agences comprises, sont invités à fermer boutique durant une heure. Elle servira à « poser des diagnostics et à définir concrètement les actions que chacun doit mettre en œuvre pour changer nos habitudes, nos modes de fonctionnement, nos relations », explique-t-il.

Difficile d’imaginer que la charge de travail ne soit pas évoquée durant cette heure de réflexion. Cette problématique, exacerbée par la baisse des effectifs, était en effet centrale dans les témoignages recueillis par MoneyVox dans le cadre d’un dossier sur le mal-être croissant des conseillers bancaires.

Parmi les évolutions d'ores et déjà prévues par LCL, l'enseigne veut supprimer 250 agences d'ici 2022, sans toutefois licencier, a indiqué la banque début mars.