Les clients « très satisfaits » de plus en plus nombreux
Confiance, satisfaction, recommandation : ce sont trois des indicateurs suivis par Deloitte depuis lorigine de son étude annuelle sur la relation banque-clients (1), en 2011.
Les chiffres ont assez peu évolué : bon an mal an, 2 Français sur 3 affirment avoir confiance dans leur banque - contre 4 sur 10 seulement dans le système bancaire en général -, et un peu plus de 8 sur 10 affichent leur satisfaction.
« Les banques ont atteint la maturité numérique »
Un seul chiffre, finalement, a vraiment décollé en 10 ans : celui des clients qui se disent « très satisfaits », passé de 9% en 2011 à 29% aujourdhui. Comment lexpliquer ? « Cest le signe que les banques ont réussi leur transformation et ont atteint un vrai niveau de maturité dans le numérique », estime Baudoin Choppin de Janvry. Pour lui, ce sont en effet les canaux digitaux, sites web et applications mobiles, qui rendent « lexpérience des clients de plus en plus simple et agréable ».
Ce sont dailleurs ces canaux qui affichent les meilleurs taux de satisfaction : 31% des clients sondés estiment par exemple que lapplication mobile de leur banque sest améliorée au cours des deux dernières années, contre 6% qui pensent linverse.
Des interactions de plus en plus fréquentes
Cest une autre conséquence de la digitalisation réussie du secteur : les clients interagissent de plus en plus avec leur banque. Entre 2016 à 2020, le nombre moyen dinteractions par mois est passé de 17,8 à presque 20. Les canaux digitaux (web et mobile) sont de très loin les plus sollicités (17,4 fois par mois, +14%) tandis que la moyenne des visites en agence est inférieure à 1 par mois (0,95, -28%). « Le digital fait désormais partie de loffre de base de toutes les banques, ce nest plus un facteur de différenciation », analyse lassocié Conseil Industrie Financière chez Deloitte France.
« Revenir à plus dhumain et de conseil »
La différence entre les enseignes va désormais se faire sur leur capacité à « revenir à plus dhumain et de conseil, notamment dans laccompagnement des clients face aux moments de vie », positifs (arrivée dun enfant, achat dun logement, etc.) comme négatifs (décès dun proche, divorce, chômage). Car dans le domaine, les banques ne brillent pas particulièrement. « Elles sont jugées efficaces sur leur cur de métier, accorder des crédits par exemple », détaille le responsable de létude. Cest moins vrai quand il sagit daccompagner un client confronté à une situation difficile.
Voir notre palmarès des banques les moins chères au 1er septembre
La crise de la Covid-19, une opportunité pour les banques
Pour Baudoin Choppin de Janvry, cest en progressant dans la prise en charge des moments de vie de leurs clients que les banques vont pouvoir améliorer ce qui reste leur point faible : la recommandation. Plutôt satisfaits, les clients restent minoritaires à recommander leurs banques à leurs proches. Lépidémie de Covid-19, et la crise économique quelle provoque, va leur en donner loccasion : « Elles sont conscientes de lenjeu, et se préparent à accompagner leurs clients, pros et particuliers, pour passer la vague des faillites et des licenciements. »
Feu vert à lutilisation des données personnelles
Seriez-vous prêt à fournir plus dinformations personnelles à votre banque principale afin quelle vous propose des produits et services mieux adaptés à vos besoins ? A cette question, 70% des sondés ont répondu oui cette année. Le chiffre était tombé à 58% en 2018. « Les Français ont compris quils avaient intérêt à partager des informations avec leur banque pour profiter dun meilleur conseil », estime Baudoin Choppin de Janvry. Le tabou, en revanche, demeure sur lexploitation des données liées à leur activité bancaire : il rejette toujours à une écrasante majorité lidée que leur banque puisse vendre ces données à des tiers.
« La France, un pays à maturité lente en matière bancaire »
Les Français nont pas non plus très envie, dans limmédiat, de voir leur banques leur offrir dautres services numériques que ceux liés à la gestion de leurs finances. « Les offres existent - plusieurs banques proposent par exemple des coffres-forts numériques - mais ça ne semble pas marcher », constate Baudoin Choppin de Janvry. « Est-ce parce que ces offres sont insuffisantes, ou mal vendues ? Ce qui est sûr, cest quen matière bancaire, la France est un pays à maturité lente, où lon met du temps à semparer des innovations. Dans limmédiat, on demande surtout aux banques de bien faire leur métier de base et de faire passer lintérêt de leurs clients avant le leur. »
(1) Etude réalisée en avril 2020 auprès dun échantillon de 3 242 clients particuliers de banques françaises représentatifs de la population nationale. Panel constitué en fonction de la part de marché respective de chacun des établissements.




















