La Banque Postale a acté au premier semestre l'intégration de CNP Assurances dans son giron, opération qui lui permet de devenir un bancassureur majeur et de supporter au premier semestre la crise déclenchée par la pandémie.

En entérinant son contrôle sur CNP Assurances, l'un des premiers assureurs de personnes en France, La Banque Postale devient un mastodonte de la bancassurance à la tête d'un bilan de 719 milliards d'euros, contre 271 milliards en décembre. Cette prise de contrôle s'est faite non sans heurts avec le départ lundi de Rémy Weber, numéro un de La Banque Postale, sur fond de « divergence de vues sur la gouvernance de CNP Assurances ». Selon un connaisseur du dossier, ce dernier visait la présidence du conseil d'administration tandis que d'autres parties prenantes, dont CNP Assurances, souhaitaient la nomination d'une personnalité indépendante à sa tête. Véronique Weill, actuellement en poste au sein du géant français de la publicité Publicis, a finalement été nommé vendredi. La direction par intérim de La Banque Postale est elle assurée par Tony Blanco, son secrétaire général.

« Le processus est engagé » pour identifier le futur dirigeant du groupe bancaire, a déclaré Philippe Wahl, patron de La Poste. « Nous espérons pouvoir le conclure le plus sérieusement et le plus rapidement possible », a-t-il ajouté, évasif.

Apport comptable exceptionnel d'environ 3,5 milliards d'euros

CNP Assurances a eu aussi un effet démultiplicateur sur les résultats du premier semestre du groupe bancaire. Son intégration globale s'est traduite par un apport comptable exceptionnel d'environ 3,5 milliards d'euros dans le résultat net part du groupe qui explose ainsi à 4 milliards d'euros en publié. Hors cet impact exceptionnel, mais en intégrant le changement de périmètre et donc la contribution commerciale de CNP Assurances, le bénéfice net progresse de 11% à 468 millions d'euros. Il intègre un effet positif de l'assureur de 182 millions d'euros mais aussi l'impact de la crise sanitaire qui a coûté 361 millions d'euros en pertes de revenus et d'opportunités.

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Le produit net bancaire de la banque bondit de 33% à 3,8 milliards, tiré par CNP qui apporte près de 30% du chiffre d'affaires. Le coût du risque, c'est-à-dire le montant des provisions passées pour faire face aux faillites et impayés, à plus que quintuplé en un an atteignant 211 millions d'euros. Sur ce montant, 141 millions correspondent à des pertes attendues et près de 30 millions à des pertes avérées. « A ce stade, nous constatons relativement peu de risques avérés, de situations de difficulté, il est encore trop tôt pour s'en rendre compte », a jugé Tony Blanco.