Le mouvement de grèves contre la réforme des retraites qui a débuté début décembre en France pourrait avoir amputé la croissance économique de 0,1 point au maximum au quatrième trimestre 2019, a affirmé mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

« Cet effet est déjà inclus dans notre prévision de croissance pour le quatrième trimestre à +0,2% », a précisé le gouverneur lors d'une audition devant la commission des Finances du Sénat, sans se prononcer à ce stade sur l'impact potentiel des grèves sur l'économie française en 2020. Une baisse de la croissance de 0,1 point représente environ deux milliards d'euros.

Les prévisions de la Banque de France se basent notamment sur son enquête mensuelle de conjoncture auprès des entreprises. « Il y a un an au moment du mouvement des Gilets jaunes, 20% des entreprises se disaient affectées. Aujourd'hui, sur le même échantillon ce sont 10% des entreprises, dans les mêmes secteurs, principalement hébergement-restauration et transports », a-t-il précisé.

« Ces chiffres macroéconomiques limités recouvrent toutefois des effets différenciés selon les régions, les secteurs ou les entreprises. Et ils ne diminuent bien sûr en rien la gêne réelle subie par des millions de nos concitoyens, salariés et commerçants », a-t-il toutefois noté. Depuis le début du mouvement, les commerçants et le secteur de l'hôtellerie-restauration à Paris, principalement touchée par les perturbations dans les transports, ont ainsi vu leur activité chuter.

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La Banque de France a confirmé la semaine dernière sa prévision de croissance à 1,3% pour l'ensemble de l'année 2019, avant un tassement à 1,1%, attendu en 2020.