1) Risque de conflit dintérêts sur les parts sociales
LACPR alerte notamment sur les modalités de commercialisation des parts sociales et autres titres émis par les banques et les assureurs. Selon lorgane de contrôle, les épargnants ne sont pas suffisamment informés des dangers inhérents comme le risque de perte en capital mais aussi les difficultés à revendre ces produits. « LACPR a réalisé plusieurs contrôles qui ont permis de montrer que les risques liés à ces titres, ainsi que la diversification de lépargne des clients, étaient parfois insuffisamment pris en compte dans la délivrance du conseil fourni », peut-on ainsi lire dans son rapport 2018. Pour le régulateur, la faute incombe notamment aux injonctions commerciales qui pèsent sur les conseillers : « Les actions dincitation à la vente menées auprès des réseaux commerciaux, ainsi que la commercialisation de ces titres via des supports dassurance vie en unités de comptes (UC) ou des organismes de placement collectif (OPC) constituent également des points dattention », écrit ainsi lACPR.
2) Pratiques anticoncurrentielles sur lassurance-emprunteur
Tout est bon pour empêcher les clients de passer à la concurrence ! Lannée dernière, les enquêteurs de lACPR ont été confrontés à des « pratiques de nature à décourager les emprunteurs dans leurs démarches ou à différer la date du changement de contrat » dassurance-emprunteur. Parmi les mauvaises pratiques, le gendarme financier cite les réponses tardives aux clients, les demandes de pièces justificatives et les refus non-justifiés ou encore une communication insuffisante concernant la date à laquelle lemprunteur peut résilier son contrat. Des pratiques anticoncurrentielles que souhaite contrer le sénateur Martial Bourquin qui a déposé en avril dernier une proposition de loi en ce sens.
Lire à ce sujet : Assurance emprunteur : le sénateur Bourquin veut mettre les banques à l'amende
3) Mauvais suivi des assurances vie et des comptes inactifs
Dans son rapport annuel, lACPR reproche également aux banques et aux assureurs de ne pas tenir suffisamment à jour leurs bases de données clients. Résultat, en cas de comptes inactifs, ces établissements sont dans lincapacité de contacter leurs adhérents. Pour dresser ce constat, lautorité se base sur une enquête réalisée auprès de 17 organismes dassurance. « Les contrats à adhésion obligatoire, pour lesquels les assurés nont pas toujours connaissance des droits qui leur sont attachés, sont particulièrement concernés, le taux de plis non distribués pouvant atteindre plus de 90% pour certains portefeuilles dassurés âgés de plus de 70 ans », souligne ainsi lACPR.
4) Méfiance sur la vente dassurances à distance
En février 2018, lACPR a en effet sanctionné un professionnel commercialisant des assurances par téléphone qui ne respectait pas son devoir de conseil Celui-ci, par son discours, laissant notamment planer un doute sur le fait que le client était bel et bien en train de souscrire une assurance. Or, comme le souligne le régulateur, si la personne démarchée na pas conscience quelle souscrit un produit dassurance, elle ne pourra pas invoquer à temps les dispositions protectrices, comme son droit de rétractation et ses modalités de remise des documents.
5) Manquements quant à lidentification des clients fragiles
Du côté des banques, un autre grief est pointé par lACPR. Selon elle, les établissements bancaires ne se sont pas tous dotés de dispositifs efficaces afin didentifier les clients fragiles financièrement. En conséquence, les personnes qui passent entre les mailles du filet ne se voient jamais proposer loffre bancaire spécifique, à 3 euros mensuels maximum, qui leur est dédiée. Ainsi, pour le gendarme bancaire, « le taux de diffusion de loffre spécifique [est] encore largement insuffisant ». LACPR appelle donc, dans son rapport annuel, « les établissements à sinspirer des meilleures pratiques pour la faire connaître aux clients concernés : envoi dun courrier dédié, relance téléphonique si nécessaire, implication des conseillers dans sa diffusion ».
Sur la détection de clients fragiles, voir le dernier Observatoire de l'inclusion bancaire


















