La désormais bien connue « loi Bourquin », ou plus précisément lamendement Bourquin, cest lui. Le sénateur socialiste Martial Bourquin a déposé hier une proposition de loi pour terminer le travail quil a initié en 2017, avec son fameux amendement. Pour rappel, depuis le 1er janvier 2018 et lentrée en vigueur de cette mesure, tout emprunteur immobilier peut demander la résiliation de son assurance de prêt, une fois par an, et réclamer ainsi sa substitution par une autre assurance moins onéreuse.
Lamendement Bourquin na toutefois pas encore totalement chamboulé le marché. Notamment parce que le flou demeure, pour linstant, sur la date de léchéance annuelle de lassurance emprunteur : une date cruciale puisquil faut réclamer la résiliation au moins 2 mois avant cette échéance annuelle. Or certaines banques se basent sur la date de signature de loffre de prêt, dautres sur la date démission de cette offre, dautres sur celle de versement de la première échéance Cette ambiguïté va bientôt être levée : le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) a adopté une date unique, « la date anniversaire de la signature de loffre de prêt par lemprunteur », et cette norme sappliquera à tous au second semestre 2019, donc à partir de juillet prochain.
Ce que contient la proposition de loi Bourquin
Face aux réticences des banques à accepter le libre jeu de la concurrence, le sénateur PS Martial Bourquin veut aller plus loin. Avec sa proposition de loi, il compte tout dabord inscrire cette harmonisation de léchéance annuelle dans la loi. Il souhaite aussi obliger les banques à informer correctement leurs clients sur le sujet, en les contraignant à envoyer chaque année, « 3 mois au moins avant » léchéance annuelle, une information sur leurs droits de résiliation.
La proposition de loi Bourquin porte aussi deux mesures répressives, afin de punir les banques ne jouant pas le jeu de la concurrence. Ainsi le non-respect de linformation annuelle sur les droits de résiliation-substitution dassurance pourrait être sanctionné à hauteur de 1 500 euros. Et la texte déposé au Sénat prévoit un affichage des décisions prononcées à lencontre des prêteurs, dans une logique de name and shame, littéralement « nommer et dénoncer » ou « couvrir de honte ». Lexamen de cette proposition de loi, déposée hier, na pour lheure pas été intégrée au calendrier du Sénat.
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