La mesure est dans les tuyaux depuis longtemps, elle pourrait aboutir prochainement. Selon Le Monde, les banques devraient sengager le 9 juillet prochain à plafonner le montant annuel des frais dincidents facturés aux clients en difficultés financières et qui bénéficient à ce titre dun forfait de services basiques facturé au maximum 3 euros par mois.
Ce plafonnement global devrait ainsi intégrer les commissions dintervention, déjà limitées pour cette catégorie de clientèle à 4 euros par opération et 20 euros par mois, ainsi que les autres frais dincidents : frais de rejet de prélèvement ou de virement, lettres dinformation, etc.
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Pas de plafond unique ?
Cette initiative bancaire ne sort pas de nulle part. Elle fait suite à une série de demandes des pouvoirs publics. Les banques devraient ainsi proposer la mise en place sur le sujet dun « bon usage professionnel », cest-à-dire dun engagement écrit de la profession visé par la régulateur bancaire, lACPR (1), mais moins contraignant quune norme.
Ce document laisserait a priori à chaque réseau la possibilité de fixer son propre plafond, « dans le respect du droit à la concurrence, qui interdit les ententes tarifaires », explique un banquier au Monde. Une perspective qui ne convaincrait pas totalement les pouvoirs publics, et notamment le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui est monté récemment au créneau à loccasion de la présentation du rapport annuel de lObservatoire de linclusion bancaire (OIB), quil préside. Selon lOIB, le montant moyen des frais bancaires sélève en effet à 320 euros par an pour les clients fragiles. Or, les banques envisageraient de promouvoir un plafond à 400 euros. Les pouvoirs publics, eux, préféreraient quil ne dépasse pas 250 euros.
Améliorer la diffusion du forfait spécifique
Autre limite potentielle du dispositif : son assiette. Le plafond pourrait en effet nêtre applicable quaux clients bénéficiant de loffre bancaire spécifique déjà évoquée. Or, lOIB a montré que ces derniers nétaient, fin 2017, que 351 000, sur un total de 3,6 millions de personnes éligibles. Soit 10% à peine.
Un préalable à la mise en uvre dun plafond global sera donc daméliorer la diffusion de ce forfait aux clients fragiles. Les pouvoirs publics font déjà pression en ce sens. Si les discussions entre le ministère de lEconomie, la Banque de France et les banques devaient ne pas aboutir, le gouvernement pourrait décider de passer en force, par lintermédiaire damendements ajoutés au projet de loi de finances pour 2019, voire à la loi Pacte.
(1) Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.


















