La Banque centrale européenne est apparue divisée en janvier sur le moment d'amorcer un retrait de son soutien massif à l'économie, selon le compte-rendu de sa dernière réunion de politique monétaire publié jeudi.

Certains membres du conseil des gouverneurs ont prôné l'abandon, dans le discours de l'institution, de la possibilité de renforcer « si nécessaire » les vastes rachats de dette pratiqués depuis 2015, note le document. Mais au terme de la discussion entre les 25 membres de l'instance de décision de la BCE, il a été conclu qu'un tel ajustement était « prématuré et pas encore justifié par le regain de confiance » dans la remontée de l'inflation.

Ce compte-rendu « apporte de nouvelles preuves d'une division croissante au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE », souligne Carsten Brzeski, économiste chez ING Diba. La BCE a été constante à ce jour sur ses intentions d'en terminer en premier avec le « QE », le programme massif de rachat de dette lancé en 2015, puis de marquer une pause avant de remonter enfin ses taux : une séquence « écrite dans le marbre », selon son président Mario Draghi.

Des divergences sur la vitesse d'exécution du plan

Mais le débat des prochaines semaines va porter sur la vitesse d'exécution de ce plan. Les investisseurs estiment que le QE, déjà lourd de plus de 2.350 milliards d'euros, pourrait prendre fin d'ici fin 2018. Les taux pourraient dès lors remonter courant 2019, pendant que l'inflation en zone euro se sera rapprochée de l'objectif « proche de 2% » l'an visé par la BCE.

Les marchés avaient fortement réagi à la lecture du compte-rendu de la réunion de décembre, où il était question d'annonces d'un resserrement monétaire de la BCE pouvant arriver tôt en 2018. Si un tel ajustement de la communication a été jugé prématuré en janvier, la BCE pourrait revoir sa position dans l'année, est-il écrit dans son dernier compte-rendu.

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De quoi alimenter les attentes avant la prochaine réunion de la BCE le 8 mars, avec sur la table de nouvelles projections économiques - PIB et inflation - à l'horizon 2020. Mais la volatilité accrue sur le marché des changes a créé de l'incertitude, alimentée en janvier par des déclarations du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin en faveur d'un « dollar faible ». Les banquiers centraux de la zone euro ont longuement discuté du cours de l'euro en janvier, pour rappeler finalement les engagements multilatéraux à ne pas manipuler les changes.