La Banque centrale européenne (BCE) ne peut pas abaisser ses taux directeurs à l'infini et devrait revoir sa communication en la matière pour préserver sa crédibilité, a estimé vendredi Yves Mersch, un membre de son directoire.

« Jusqu'à quand pourrons-nous continuer à parler de taux encore plus bas comme d'une option de politique monétaire ? Etant donné l'importance de la crédibilité pour une banque centrale, les nécessaires ajustements progressifs de notre communication devraient être faits sans délai », a déclaré le Luxembourgeois lors d'un discours près de Hambourg.

Pour lutter contre les risques de déflation en zone euro, l'institution monétaire a continuellement abaissé ses taux directeurs depuis plus de deux ans et ceux-ci sont à leur plus bas niveau historique depuis mars 2016, le taux central étant à 0% et le taux sur les dépôts à court terme à -0,4%. La BCE répète à intervalles réguliers que ces taux « devraient rester à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas sur une période prolongée ».

Mais « nous sommes conscients du fait que nous ne pouvons pas baisser nos taux d'intérêts à l'infini », a concédé Yves Mersch, considéré comme un faucon au sein du conseil des gouverneurs de la BCE. En décembre, la banque centrale a par ailleurs étendu de neuf mois son vaste programme de rachats de dettes publiques et privées, baptisé « QE ». Elle va comme convenu continuer à racheter pour 80 milliards de titres tous les mois jusque fin mars. Passée cette date, elle continuera ses rachats jusque fin décembre, au rythme toutefois de 60 milliards par mois.

« La politique monétaire doit être le garant de la stabilité »

Depuis quelques semaines, des voix - principalement en Allemagne - appellent la BCE à réduire ses aides à l'économie plus tôt que prévu, après que l'inflation en zone euro a atteint 1,8% en janvier, soit quasiment l'objectif de la banque centrale d'une hausse légèrement inférieure à 2% sur le moyen-terme.

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Des appels rejetés vendredi par Yves Mersch qui a estimé que « pour que la reprise gagne en vigueur, nous devons tenir parole » et ne pas revenir sur les promesses déjà formulées. « En des temps de forte incertitude, la politique monétaire doit être le garant de la stabilité et de la fiabilité en étant crédible », a-t-il fait valoir.