Antoine Pichot, la Société Générale vient dannoncer une série de nouveautés, centrées sur la banque mobile. Quelle est pour vous la plus emblématique ?
Antoine Pichot : « Notre plus grosse actualité est sans doute le lancement en deux temps, en décembre puis en mars, dune quarantaine dalertes, sur mesure et interactives. Elles marquent en effet un changement de posture qui fera date. La Société Générale a pris le virage du mobile très tôt, dès 2011. Depuis un an et demi, nous avons basculé dune logique transactionnelle à une logique relationnelle. Là, cest encore une nouvelle étape : lapplication mobile devient un compagnon financier, qui vous avertit de larrivée dun virement, vous explique pourquoi votre carte est bloquée et comment relever vos plafonds, vous donne le feu vert pour un crédit, etc. Exactement comme devrait le faire un bon conseiller en agence. »
Vous lancez également des services très novateurs, comme le paiement mobile ou lagrégation de comptes
« Une ''muraille de Chine'' autour des données de nos clients »
A.P. : « Oui. Nous proposerons fin 2016-début 2017 le paiement sur mobile, grâce à Paylib sans contact [lire sur le sujet : Paylib annonce le paiement mobile sans contact pour fin 2016]. Et au premier trimestre 2017, nos clients auront la possibilité dimporter dans leur application les opérations de comptes détenus hors des murs de la Société Générale. Nous anticipons ainsi la DSP2 [2e directive européenne sur les services de paiement, qui va notamment permettre, dès 2018, à des services tiers daccéder aux données bancaires des clients qui lautorisent, NDLR] en nous positionnant comme le partenaire privilégié de nos clients. Nous avons toutefois construit une ''muraille de Chine'' autour de ces données : nos conseillers clientèle, notamment, ny auront pas accès. »
Navez-vous pas peur de désarçonner votre clientèle ?
A.P. : « Non, car nous avons pris soin de développer des outils sympas à utiliser, avec une ergonomie travaillée pour rassurer le client. Les services numériques enrichis ne suffisent pas : il faut aussi savoir les mettre en scène dans un parcours client clair et pratique. On ne veut pas sadresser quaux jeunes geeks, nous sommes conscients que notre typologie de clientèle est très variée. »
Quest-ce qui vous différenciera, à terme, dune banque 100% numérique, comme votre filiale Boursorama Banque par exemple ?
A.P. : « Le fait dinvestir dans le digital, den faire le point dentrée de lensemble des expertises de la banque, ne modifie pas fondamentalement notre modèle : nous restons une grande banque avec un grand réseau. Nos clients acceptent de payer un peu plus cher pour obtenir des services de première qualité, sur appli et en agence. Nous croyons beaucoup au couple numérique-humain, notamment pour les produits complexes. Nous envisageons par exemple de proposer une distribution 100% en ligne du crédit immobilier. Pourquoi pas ! Mais les banques qui le font déjà se rendent compte que la majorité des clients préfère généralement le face-à-face avec un conseiller. »
Avez-vous des projets de synergie avec Boursorama Banque, à limage de celles réalisées par BNP Paribas avec Hello bank ?
« Société Générale et Boursorama sont complémentaires mais concurrentes »
A.P. : « Ce nest pas à lordre du jour. Société Générale et Boursorama Banque sont des enseignes complémentaires du point de vue de lactionnaire, mais concurrentes sur le terrain. Les deux répondent à des besoins différents, en termes dautonomie du client et de tarification, et les deux gagnent des clients ! »
La Société Générale a été une des premières banques françaises à assumer, il y a un peu plus dun an, des fermetures dagences, un cinquième du réseau environ dici 2020. Où en êtes-vous ?
A.P. : « Nous sommes dans le rythme prévu par notre plan de transformation. Nous avons commencé à rapprocher des agences en zone urbaine, ce nest pas simple à organiser mais cela suit son cours grâce à lengagement des équipes, qui ont bien compris les enjeux. Lautre axe dévolution de notre réseau, cest la réorganisation de la fonction daccueil, désormais assurée collectivement par les conseillers dans certaines agences. Lobjectif est de fluidifier laccueil et dadapter les ressources en fonction des flux. Le client qui se déplace est assuré dobtenir une réponse dun conseiller, même si ce nest pas forcément le sien. Et les premiers retours sont très positifs. »
La carte à cryptogramme dynamique, une première en France
« Ça peut devenir un standard du marché », estime Antoine Pichot. Si cest le cas, la Société Générale aura été pour la petite histoire la première banque française à commercialiser la carte bancaire à cryptogramme dynamique inventée par Oberthur Technologies. Son objectif : réduire le risque dusurpation des données de carte, grâce à lajout dun petit écran permettant de modifier à intervalles réguliers le cryptogramme à trois chiffres permettant dauthentifier les achats à distance.
Loption est disponible depuis le 10 novembre sur lensemble de la gamme des cartes Visa de lenseigne. Elle est facturée 12 euros par an.
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