L'essentiel

  • La France a perdu 1 700 distributeurs automatiques de billets en 2025, une baisse de 4,2%, principalement dans les zones urbaines densément peuplées.
  • Malgré cela, plus de 99% de la population peut accéder à un distributeur, soit directement dans leur commune, soit à moins de quinze minutes en voiture.
  • Les points privatifs de distribution d'espèces chez les commerçants continuent d'augmenter, avec une éventuelle accessibilité interbancaire prévue pour 2027.

La France a perdu plus de 1 700 distributeurs automatiques de billets l'an dernier, faisant chuter leur nombre à 40 804 unités, affirme jeudi le Comité national des moyens de paiements (CNMP), présidé par la Banque de France. Le recul atteint 4,2%, davantage que le repli de 3,5% en 2023.

« Cette baisse se concentre dans les communes les plus peuplées, déjà très bien équipées, ce qui signifie que l'ajustement du nombre de DAB est sans impact sur l'accessibilité aux billets », estime la Banque de France. Ainsi, le nombre de communes équipées d'au moins un DAB reste stable : 6 500 environ, y compris pour 730 plus petites communes de moins de 1 000 habitants, généralement situées en zone rurale.

Résultat, « plus de 99% de la population métropolitaine, âgée de 15 ans et plus, réside soit dans une commune équipée d'au moins un point d'accès aux espèces, soit dans une commune située à moins de quinze minutes en voiture de la commune équipée la plus proche », se félicite la Banque de France.

Moins de retraits dans les DAB

« Ces différents éléments positifs sont d'autant plus notables qu'ils interviennent dans un contexte de repli continu de l'utilisation des espèces comme moyen de paiement et de baisse tendancielle des flux fiduciaires et des retraits d'espèces aux DAB », souligne La Banque de France. Environ 100 milliards d'euros ont été retirés dans les DAB en 2025, contre un peu plus de 110 milliards d'euros en 2024.

Seule catégorie de DAB à progresser : les automates gérés par les opérateurs indépendants Brinks, Loomis et Euronet. Ils sont désormais 1 809 répartis sur le territoire, contre 961 l'an dernier. Une croissance fulgurante liée au rachat du parc de DAB de Carrefour Banque par Brinks.

En parallèle de la baisse du nombre d'automates gérés en direct par les banques, les services complémentaires de distribution d'espèces chez les commerçants, appelés points privatifs, continuent de monter en puissance, à un rythme inédit : +5,5% en 2025, contre +3,9% en 2024 et +1,7% en 2023. Ce sont au total 30 057 commerces (supérettes, boulangers, bureaux de tabac...) qui proposent aux clients d'une banque partenaire des espèces contre un paiement du même montant par carte.

Les points privatifs de plus en plus nombreux

Qualifié de « DAB de dépannage », ce service est différent de celui proposé par un automate : il n'est accessible qu'aux clients d'une seule banque et uniquement aux horaires d'ouverture du commerçant, et non 24 heures sur 24. Le montant de retrait est limité à 200 euros et dépend du cash disponible dans la caisse du commerçant. La Banque de France estime que les retraits ainsi effectués tournent autour de 40 euros, bien en dessous du retrait moyen dans un DAB évalué en 2024 à 126 euros. Par ailleurs, la Banque de France n'est pas en mesure de chiffrer le montant total des retraits générés dans ces points privatifs.

Actuellement, trois banques proposent ce type de points, parfois depuis des décennies : le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole et La Banque Postale. S'y ajoute depuis quelques années l'établissement de paiement Nickel, propriété de BNP Paribas, qui permet à ses clients de retirer des espèces dans les plus de 8 000 bureaux de tabac de son réseau.

Avec ces points privatifs, le retrait des billets est réservé aux clients de la banque qui a installé le point. En clair, si vous êtes client de SG dans un village dont le point d'accès est géré par le Crédit Agricole, vous ne pourrez pas retirer. Idem si vous êtes client du Crédit Agricole, mais que le point est ouvert, par exemple, par La Banque Postale.

Mais la donne est peut-être en train de changer. La Banque Postale et le Crédit Agricole travaillent à un projet pour rendre accessibles ces points privatifs aux clients des 2 banques. Une interbancarisation entre les deux réseaux est prévue pour 2027 à l'issue de la phase de tests en cours. À terme, l'idée est de rendre les points privatifs accessibles à l'ensemble des particuliers, peu importe leur banque.