« Les risques pesant sur les perspectives d'inflation sont orientés à la hausse », a expliqué Christine Lagarde lors d'une conférence de presse, après avoir annoncé un maintien de ses taux, indicateur clé pour l'économie de la zone euro.
« Le choc énergétique pourrait s'intensifier, et ses effets sur les prix et les salaires pourraient être plus forts que prévu », a-t-elle averti.
La persistance du conflit au Moyen-Orient pourrait aussi se répercuter sur la croissance économique, en pesant sur « les revenus, la consommation et l'investissement ».
Mme Lagarde a par ailleurs jugé « alarmante » l'extension de la guerre au Moyen-Orient à la mer Rouge, où des rebelles pro-iraniens houthis du Yémen ont revendiqué des frappes contre deux pétroliers saoudiens.
« Nous voyons ça au prix du (baril de pétrole) Brent qui évolue d'heure en heure », a dit Mme Lagarde, alors que cette référence du brut a atteint les 100 dollars, menaçant d'aggraver la pression inflationniste mondiale.
Si la BCE a choisi jeudi « à l'unanimité » de laisser l'ensemble de ses taux inchangés, sa cheffe a précisé que « certains gouverneurs » avaient envisagé une hausse.
Les prochaines décisions seront « basées sur notre évaluation des perspectives d'inflation », a rappelé Christine Lagarde, selon qui « la charge de la preuve repose sur les données ».
Elle a insisté sur le volume conséquent de données sur lesquelles les gouverneurs pourront s'appuyer lors de la prochaine réunion en septembre, avec notamment deux indicateurs d'inflation, la croissance du deuxième trimestre et des indices d'attentes des consommateurs.
Mais « nous ne nous engageons sur aucune trajectoire prédéfinie », a expliqué comme à son habitude Mme Lagarde, la BCE suivant « une approche réunion par réunion ».

















