Le syndicat CFDT de la Société Générale s'est élevé jeudi contre un « cadeau supplémentaire » de quelque 24 millions d'euros offert selon lui aux actionnaires en 2015 et contre l'utilisation faite du CICE, qu'il juge à contre-emploi.

En recoupant les données publiées par la banque à l'occasion des résultats annuels 2015, la CFDT a calculé que « chacune des actions [devait] apporter 1,97EUR à son détenteur ». « Or, le Conseil d'administration a décidé de porter le dividende à 2EUR, et donc, d'effectuer un arrondi de 3 centimes », relève-t-elle dans un tract.

24 millions d'euros de dividendes

Étant donné le « nombre d'actions présentes sur le marché, cela représente un cadeau supplémentaire d'environ 24 millions d'euros pour les actionnaires », soit deux fois plus que « la dernière mesure salariale collective » qui, selon le syndicat, « n'a coûté qu'environ 10 millions ». La CFDT conclut que l'entreprise a fait le « choix » de « privilégier le partage de ses profits en faveur de ses actionnaires au détriment du partage plus équitable pour ses salariés de la valeur ajoutée qu'ils ont créée par leur travail ».

Remise en cause du CICE ?

Le deuxième syndicat de la Société Générale s'étonne par ailleurs de l'utilisation faite par la banque du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE). Le dispositif repose sur des baisses de cotisations patronales et des mesures de réduction fiscale pour les entreprises, devant leur permettre d'embaucher et d'investir. Selon un document interne, dont l'AFP a eu copie, le montant du CICE a atteint pour la Société générale 38,6 millions d'euros en 2015. Son utilisation « s'est effectuée à travers la poursuite des investissements technologiques, notamment dans la transition numérique », est-il écrit.

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Fermeture d'agences

Un choix « effarant », alors que la transition numérique se traduit par « des suppressions de postes », a commenté Mathieu Pué, délégué national CFDT. Les récentes annonces de la Société Générale concernant la fermeture de 400 agences (environ 2.000 postes supprimés) d'ici à 2020 et de six centres dédiés aux services administratifs (550 suppressions de postes) avaient été justifiées par l'essor grandissant du numérique.