Larry Fink, le patron de BlackRock, le plus gros gestionnaire d'actifs au monde, a prévenu lundi que l'introduction des taux négatifs par certaines banques centrales allait peser sur les dépenses des ménages.

Selon Larry Fink, l'environnement des taux négatifs est particulièrement défavorable pour les particuliers souhaitant épargner et investir pour leurs retraites. « Par exemple un particulier âgé de 35 ans ayant envie de générer 48.000 dollars par an de revenus pour sa retraite, prévue à partir de 65 ans, aurait besoin d'investir 178.000 dollars dans un environnement de 5% de taux d'intérêt. Dans un contexte de taux d'intérêt à 2% cependant, cet individu aurait besoin d'investir 563.000 dollars soit trois fois et demi plus pour atteindre son but », argue le dirigeant dans sa lettre annuelle aux actionnaires.

« Très peu d'attention a été dévolu au coût que ces faibles taux - et maintenant taux négatifs - ont sur la capacité des investisseurs à épargner et à se projeter dans l'avenir », regrette Larry Fink. Au cours des derniers années, six banques centrales, dont la BCE en Europe, ont pris la mesure sans précédent de faire payer les banques qui préfèrent stocker leur argent dans leurs coffres plutôt que de le prêter aux entreprises et aux particuliers. Ces taux négatifs, qui sont également en vigueur en Suisse et depuis janvier au Japon, visent à desserrer les cordons du crédit pour soutenir l'activité et viennent renforcer le soutien monétaire massif et non-conventionnel apporté par certaines banques centrales.

Le risque d'un effet contraire sur la croissance

Toutefois, « cette réalité a des implications profondes pour la croissance économique : les consommateurs épargnant pour leur retraite doivent réduire leurs dépenses s'ils veulent atteindre les objectifs de revenus qu'ils se sont fixés et les retraités avec de faibles revenus devront réduire leur consommation », déplore Larry Fink. Et de conclure : « Une politique monétaire dont le but est de stimuler la croissance risque en fait de réduire les dépenses des consommateurs ».

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Cette attaque des taux négatifs va à l'encontre de la position du FMI qui a apporté, dimanche, son soutien à cette politique. Selon le Fonds, les taux négatifs font, « dans la plupart des cas », baisser les coûts des crédits commerciaux, notamment ceux à destination des entreprises, et ont notamment accompagné une « accélération » du crédit dans la zone euro.

L'institution estime également que certaines banques seront gagnantes en profitant d'une meilleure qualité de leurs créances et d'une hausse globale des demandes de crédit. L'institution redoute néanmoins que l'assainissement « vital » du bilan des entreprises ne soit retardé par cette mesure et craint qu'elle n'ouvre par ailleurs un cycle d'« emballement et d'effondrement » du prix des actifs.