Si elle nest pas nouvelle, la facturation des frais de tenue de compte tend ces dernières années à se généraliser. Lannonce par deux enseignes majeures, BNP Paribas et la Société Générale, de leur intention de passer le pas - ce quelles ont fait depuis le 1er janvier 2016 - a été la goutte deau, qui a déclenché une forte réaction des associations de consommateurs et amené Bercy à prendre position.
Face aux patrons des banques françaises, Michel Sapin a ainsi demandé « des explications concernant laccroissement du nombre de réseaux » facturant ces frais de tenue de compte, explique le communiqué diffusé par Bercy à lissue de la réunion de ce matin. Le ministre a également annoncé quEmmanuel Constans, qui préside le CCSF (1), organe de régulation des relations banques-clients, allait « réaliser une étude plus approfondie sur les frais de tenue de compte afin dapprécier notamment lopportunité dune définition plus précise de ce que recouvrent ces frais ».
Un des principaux reproches exprimé est en effet le flou entourant les services quils rémunèrent. Doù le soupçon chez les consommateurs que cette ligne tarifaire serve avant tout à renforcer les marges des banques de détail, entamées notamment par le plafonnement des commissions dintervention.
Lire aussi : Frais de tenue de compte : plus de 80% des banques les facturent déjà
La carte bancaire dès le premier euro
Autre chantier en cours : la carte bancaire. En juin dernier, Michel Sapin avait réuni à Bercy des assises du paiement, et affirmé à cette occasion sa volonté de promouvoir la « possibilité dutiliser la carte bancaire dès le premier euro ».
« Au quotidien, pouvoir payer par carte quand on le souhaite, cest un progrès ! » a-t-il rappelé ce matin. « La baisse des frais facturés aux commerçants doit se matérialiser comme convenu, dici la fin du premier trimestre 2016, pour que les commerçants naient plus de raison de refuser les paiements par carte bancaire au premier euro ». Cette baisse était une des promesses faites par les banques de détail à lissue des assises.
Enfin, Michel Sapin a demandé au patronat bancaire de « simpliquer pleinement dans la mise en uvre opérationnelle du système automatisé de mobilité bancaire instauré » par la loi Macron. Ce nouveau dispositif doit être effectif dici un an, le 1er février 2017.
(1) Comité consultatif du secteur financier.

















