Frédéric Jacob-Péron, lactivité dassurance des biens et des personnes affiche une croissance annuelle à deux chiffres à la Société Générale. Peut-on parler dun changement de modèle, dune évolution vers un modèle intégré de bancassurance ?
« Je comprends quon puisse avoir cette impression, mais ce nest pas complètement exact. Lintégration de lassurance dans loffre de la Société Générale ne date pas dhier. Nous mettons en avant la double activité banque et assurance sur nos enseignes depuis le milieu des années 2000. Ce qui est nouveau, cest que nous poussons les feux, que nous portons un effort particulier sur lassurance, clairement identifiée comme un relais de croissance. Cette ambition porte dailleurs ses fruits. Lassurance dommages, par exemple, est en croissance de 17% sur un an, à la fin avril 2015. »
Pourquoi ce choix stratégique ?
« Il sagit dabord de répondre à la demande, aux préoccupations de nos clients. Ces derniers évoluent dans un climat de crise qui génère de linquiétude et un besoin de protection. Cest une tendance de fond. Ce marché, par ailleurs, ne peut que croître avec le vieillissement de la population, qui va encore aller en saccélérant avec lévolution des technologies, les progrès de la médecine... Par ailleurs, nous sommes convaincus que lassurance est un marché où les banques sont les mieux placées pour répondre aux besoins des clients. Historiquement, la largeur de notre réseau dagences nous a donné un avantage compétitif sur les assureurs, en augmentant la surface de contact avec le client. Cet avantage sest encore accentué avec le numérique, dautant que lassurance se prête très bien à une commercialisation sur internet et se vendra de plus en plus en ligne. Et un client se connecte plus souvent à sa banque quà son assureur : la Société Générale comptabilise par exemple 700 millions de connexions par an sur ses outils numériques, cest au moins 6 fois le trafic moyen des plus gros assureurs. »
Quels sont les moyens déployés ?
« Nous voulons assumer notre ambition dêtre la plus digitale des banques de réseaux. Et lassurance en général est un lieu de modernité, dexpérimentation, par exemple autour des objets connectés. Nous faisons déjà un effort dorientation de nos développements informatiques pour améliorer lexpérience de nos clients. Courant 2015, lintégralité des avoirs dassurances vie, dommages, prévoyance seront consultables sur le site internet et lapplication mobile. Nous travaillons également à la mise en place progressive de la souscription en ligne. Au niveau du réseau, nous avons fait un effort de formation et déployé un outil de diagnostic, qui permet de faire le point sur la couverture de nos clients. Enfin, nous allons compléter notre catalogue avec une assurance dépendance, actuellement en projet. Ce sera la dernière brique de notre offre, qui couvrira alors toutes les natures de risques. »
Lassurance est-elle un produit complémentaire pour vos clients actuels, ou considérez-vous quil sagit dun outil de conquête ?
« Nous essayons effectivement de démontrer que lassurance peut permettre de capter de nouveaux clients, notamment sur le web. Toutefois, dans limmédiat, nous nous adressons dabord à nos clients bancaires, avec lobjectif de bonifier notre relation globale avec eux. Doù limportance absolue que nous accordons à la qualité des produits : dans le cas contraire, nous risquerions en effet de mettre aussi en péril la relation bancaire. »
La Banque Postale sinstalle dans le paysage de l'assurance
Autre acteur bancaire émergeant dans le secteur de lassurance, la Banque Postale a également affiché des résultats prometteurs en 2014. Le PNB (équivalent du chiffre d'affaires) de ses filiales dassurance a progressé de 13%, pour atteindre 178 millions deuros, grâce au « déploiement des nouvelles activités (IARD, assurance santé) et [à] la bonne performance de la prévoyance individuelle ». En IARD (incendie, accidents et risques divers), le nombre de contrats gérés a progressé de 31,5% en 2014, pour atteindre 1,1 million. La Banque Postale dispose également dun portefeuille de 80.000 contrats en assurance santé (+42,5% par rapport à 2013) et de 2,75 millions en prévoyance (+2,5%).














