Rueducommerce.com, Cdiscount, fnac.com : tous ces grands noms du e-commerce français, et dautres plus petits, proposent sur leurs sites des « marketplaces », des places de marchés virtuelles ouvertes à dautres marchands plus petits, notamment des commerces physiques. Ces derniers y trouvent un débouché sur internet sans avoir besoin de supporter les coûts de développement de leur propre site. Les e-marchands, quant à eux, prélèvent de lucratives commissions (5% à 15%) sur les ventes. Selon des chiffres de la Fevad (1) cités par Les Echos, ces places de marché représentent 20% de lactivité du e-commerce en France.
Problème : dans ce cadre, les sites marchands encaissent des paiements au nom des tiers qui utilisent leurs plateformes. Une activité qui, selon la directive européenne sur les services de paiements (DSP), nécessite au moins un agrément détablissement de monnaie électronique. LAutorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), régulateur du secteur financier, a ainsi envoyé deux courriers aux sites concernés, fin 2013 et mi-2014, les avertissant quils doivent se conformer à la directive avant la fin du premier trimestre 2015.
En attendant la DSP 2
Lobtention de lagrément nécessaire a toutefois un coût : environ 2 millions deuros pour un agrément de type bancaire, toujours selon Les Echos. Une somme que peu de structures sont en mesure dinvestir. Actuellement, seuls les géants du secteur, Amazon et Ebay (via sa future ex-filiale PayPal), disposent dailleurs dun tel agrément, obtenu au Luxembourg mais valable pour lensemble de la zone euro. Les autres devront vraisemblablement sous-traiter cette activité dencaissement à des établissements de paiement spécialisés.
Il nest pas étonnant, dans ce contexte, de voir certains acteurs se positionner sur ce marché. Ingenico, un des poids lourds mondiaux du secteur des paiements, vient ainsi de lancer sa solution dédiée aux places de marché et certifiée conforme à la DSP. En attendant, peut-être, que la réglementation évolue : la DSP 2, actuellement en discussion au sein des instances européennes, est en effet attendue pour le second semestre 2015.
(1) Fédération du e-commerce et de la vente à distance.















