Les cinq principaux groupes bancaires français, BNP Paribas, BPCE, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel-CIC et la Société Générale, ont annoncé leur regroupement au sein de la société sepamail.eu, dernière étape avant l’ouverture prochaine au grand public d’un service commun de paiement électronique des factures.

Payer ses factures en un clic, directement depuis le site ou l’application mobile de sa banque, c’est - a priori - pour très bientôt. BPCE (Banque Populaire et Caisse d’Epargne), le Crédit Mutuel-CIC, BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole, viennent en effet d’annoncer, dans un communiqué daté du 17 mars, qu’ils se regroupaient au sein de la société SEPAmail.eu. Cette dernière développe un service de messagerie interbancaire sécurisé, aux multiples usages, dont un qui intéresse particulièrement ces enseignes de détail : le paiement électronique des factures.

En lieu et place des factures papier, les clients qui auront donné leur accord recevront une notification de leur créancier, comprenant une facture et une demande de virement. Ils pourront ensuite, en un clic, générer le paiement de la somme due, sans entrer de coordonnées bancaires, faisant ainsi l’économie de l’envoi d’un chèque ou d’un titre interbancaire de paiement (TIP). Autre avantage : contrairement au prélèvement, où le débit se fait à l’initiative du créancier, c’est le payeur qui garde le contrôle de la date du paiement.

« Il y a des particuliers peu sensibles à l'usage du prélèvement et qui préfèrent payer par TIP ou par chèque », a expliqué à l'AFP Nicolas Chatillon, le président de SEPAmail et directeur chez BPCE. « Ces moyens de paiement ne sont pas les plus adaptés aux modes de consommation de notre temps et aux moyens de paiement électroniques et multicanal dont on dispose aujourd'hui ». Le nouveau dispositif correspond ainsi à la recommandation du rapport dit « Pauget-Constans II » sur l’avenir des moyens de paiement (1) , qui demandait en mars 2012 au secteur bancaire de développer, « en liaison avec les facturiers », la « possibilité pour les utilisateurs d’Internet de payer des factures directement par Internet ».

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Quel coût pour l’usager ?

SEPAmail était, depuis octobre 2012, en phase d’expérimentation. Son lancement grand public est désormais promis pour « courant 2014 » : « [Le service] sera proposé progressivement au cours de l’année par les réseaux des cinq groupes bancaires actionnaires via une application mobile et/ou l’intégration dans la banque en ligne », détaille le communiqué commun. Objectif : « Dès septembre 2014, plus de 50 % des clients particuliers en France pourront accéder à ce service. »

Pour convaincre les entreprises d’accepter ce nouveau mode de paiement, les banques leur promettent une « réduction des coûts », la « réconciliation automatique des opérations » et une « image d’entreprise innovante auprès de leurs clients ». Mais l’adoption massive de SEPAmail dépendra aussi d’un autre critère : son coût pour l’usager, habitué à la gratuité du chèque et du TIP. Dans l’immédiat, aucun tarif n’a été dévoilé, le communiqué se contentant d’évoquer un nouvel usage de paiement « peu onéreux ».

(1) Georges Pauget, Emmanuel Constans, « L’avenir des moyens de paiement en France », rapport commandé par le ministère de l’Economie et des Finances, publié en mars 2012.