L'agence de notation Moody's Investors Service a abaissé vendredi la note de long terme du groupe bancaire français BPCE et de plusieurs établissements néerlandais et belge, et prolongé le suspense concernant BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole.

L'agence précise dans un communiqué concernant BPCE, que l'abaissement de la note de cet établissement concluait "l'examen des groupes bancaires français débuté le 15 février en vue d'un possible abaissement, à l'exception de BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole et leurs filiales". Selon elle, l'examen de ces trois groupes "sera achevé en même temps que celui des autres groupes mondiaux disposant d'une présence importante sur les marchés de capitaux", mais elle n'a pas indiqué de calendrier ni donné les noms des autres entités concernées.

Moody's avait publié mi-février une liste de 114 instituts européens menacés d'abaissement de leur note. Au cours des semaines passées, et alors que la crise de la dette en zone euro est repartie de plus belle, l'agence a mis sa menace à exécution, abaissant notamment la note de 16 banques espagnoles, d'une série de banques allemandes ou encore des trois plus grandes banques autrichiennes.

Moody's anticipe des "pressions" sur BPCE

En France, l'abaissement de la note à long terme du groupe BPCE de "A2" à "Aa3" découle directement de l'abaissement de sa note de solidité financière (BFSR) à "D", contre "C-/baa2" auparavant, a expliqué Moody's. "Le groupe est principalement exposé à l'économie française, avec une dose de diversification géographique dans le reste de l'Europe et au-delà. Bien que la France soit l'une des plus solides économies de la zone euro, Moody's s'attend à ce que l'affaiblissement de l'économie entraîne une augmentation des pressions sur la qualité des actifs du groupe d'une manière générale".

Ses principales filiales ont également vu leurs notes long terme rétrograder d'un ou deux crans, pour s'établir toutes à "A2". L'ensemble des notes de BPCE et de ces filiales bénéficie d'une perspective stable –Moody's n'entend plus les modifier à court terme–, à l'exception du CFF dont la note de solidité financière est sous perspective négative.

Dans la sphère du groupe Crédit Mutuel, qui n'est pas évalué, l'agence a confirmé la note "Aa3" de la filiale cotée CIC et de Crédit Mutuel Arkéa, l'une des deux grandes fédérations de Crédit Mutuel, mais abaissé la note de solidité financière de la Banque fédérative du Crédit Mutuel (BFCM), holding de tête du groupe Crédit Mutuel-CIC, à "C-" contre "C/a3" auparavant.

Les notes du CIC et de BFCM profitent de la "solidité du groupe Crédit Mutuel dans son ensemble" et bénéficient d'un "bonus" de trois crans "au titre d'un éventuel soutien systémique". La solidité financière du CIC a été confirmée à "C-" mais celle de Crédit Mutuel Arkéa est désormais "D+", au lieu de "C-/baa1". La perspective est stable sur toutes les notes de ces entités du Crédit Mutuel.

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Par ailleurs, l'agence a abaissé la note du courtier Oddo et Cie de deux crans à "Ba1", avec perspective stable.

ING perd deux crans

Outre ces établissements français, Moody's a également baissé vendredi la note de cinq banques néerlandaises. Quatre établissements ont perdu deux crans : Rabobank (Aa2), ING Bank (A2), ABN Amro (A2) et LeasePlan Corporation (Baa2), tandis que SNS Bank a été abaissée d'un cran à "Baa2". Les perspectives de ces banques sont stables, à l'exception de celle d'ING qui est négative.

Par ailleurs, la note du bancassureur belge KBC a perdu deux crans, à cause entre autres de "la détérioration de l'environnement macroéconomique européen" qui pèse sur son activité bancaire très exposée en Irlande et en Hongrie. La note sur la dette à long terme de la banque KBC a été baissée à "A3" contre "A1" auparavant, et par conséquent celle du groupe KBC a été ramenée à "Baa1", contre "A2" auparavant. Leur perspective est stable.

Moody's a aussi retiré la note maximale "Aaa" du groupe public luxembourgeois Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat (BCEE), qui perd un cran à "Aa1" avec une perspective stable. L'agence a relevé sa "vulnérabilité" à la détérioration de l'environnement opérationnel en Europe, qui pourrait affecter la qualité de ses actifs. Mais, a souligné l'agence, sa position en termes de liquidités est l'une des plus fortes parmi les banques européennes et elle bénéficierait d'un important soutien du Grand-Duché en cas de problème.