Conformément à un engagement pris en 2009, l’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de mettre en place un Observatoire de l’Epargne. Objectif : faire une veille du marché des produits financiers, et informer les épargnants de ses évolutions grâce à une lettre trimestrielle.

Pour mener à bien cette mission, l’AMF, souvent décrit comme le « gendarme de la bourse », compte s’appuyer sur les statistiques officielles, par exemple celles de l’INSEE ou de la Banque de France, mais aussi sur des ressources internes. Elle utilisera notamment, sur le terrain, des visiteurs mystère pour observer directement les pratiques des professionnels. Autre ressource : les remontées d’AMF Epargne Info Service, qui permet au grand public d’obtenir, par téléphone ou par mail, des informations et de signaler certains problèmes.

En croisant ces différentes sources d’information, l’Observatoire de l’épargne doit permettre de constituer une base à usage interne, rassemblant des informations sur le marché de l’épargne, sur les comportements et préoccupations des investisseurs, sur les pratiques de 
commercialisation des produits financiers, etc. Mais ces informations seront également partagées à l’extérieur de l’institution, à travers la publication, chaque trimestre, d’une nouvelle lettre d’information.

Tarification hétérogène des frais de courtage

Le premier numéro de cette lettre, daté d’avril 2012, s’intéresse ainsi aux investissements en valeurs mobilières (actions, OPCVM) via un compte-titres. Constatant, en s’appuyant sur le récent baromètre de l’épargne réalisé par la Banque Postale et TNS Sofrès, que les Français n’ont jamais été aussi méfiants à l’égard des produits boursiers, l’AMF a enquêté sur les tarifs pratiqués par les différents acteurs de ce marché. Pour cela, elle a dépêché, en avril 2011, des visiteurs mystère dans diverses succursales de banques.

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L’institution en tire deux grands enseignements. Tout d’abord, l’information fournie par les conseillers bancaires est souvent insuffisante. Dans 6 cas sur 10, la tarification n’a pas été présentée spontanément aux clients. Et lorsqu’elle l’a finalement été, dans 9 cas sur 10, le conseiller ne distinguait pas les différents types de frais (frais de courtage, droits de garde, frais de sortie, etc).

Ensuite, la tarification est très hétérogène, selon le type d’acteur. Le coût d'un passage d’ordre d'achat d'actions est ainsi 40% moins cher par internet que par téléphone et deux fois moins cher en passant par un site internet plutôt que par un chargé de clientèle travaillant dans une agence bancaire. Par ailleurs, si l’on ne retient que le passage d’ordres par internet, les courtiers en ligne spécialisés sont nettement moins chers que les sites des grandes banques de détail : 0,28% en moyenne pour un ordre de 5.000 euros, contre 0,50%.

Conséquence de ces différents constats : l’AMF a annoncé qu’elle allait mettre en place un dispositif spécifique de suivi de l’évolution de ces frais.