Séparer les activités des banques comme le prône le candidat socialiste François Hollande les empêcherait de bien servir leurs clients, a prévenu mardi le président du conseil d'administration de BNP Paribas, Baudouin Prot.

«  Séparer les marchés de capitaux du financement bancaire classique est une distorsion qui gênera vraiment la manière dont nous servons nos clients  », a affirmé Baudoin Prot. Pour lui, les banques doivent être en mesure de proposer aux entreprises l'alternative entre le financement bancaire classique et l'accès aux marchés, par le biais d'une émission d'obligations ou d'actions.  Cette articulation sera moins évidente en cas de séparation de la banque de détail des activités de marché. «  En France, (la séparation) n'est pas nécessaire  », a-t-il assuré.

En Grande-Bretagne d'ici 2019

François Hollande a promis dimanche qu'il ferait voter une loi de séparation dès l'installation de son gouvernement, en cas d'élection à la présidence de la République. Le projet est directement inspiré de la réforme en cours au Royaume-Uni, née d'un rapport produit par une commission ad hoc présidée par l'économiste et universitaire John Vickers. Ses conclusions ont été validées par le gouvernement britannique, qui prévoit de contraindre, d'ici 2019, les banques à isoler leur banque de détail des activités de marché.

Pour M. Prot, «  la chose importante en banque est d'avoir de bons dirigeants et une supervision solide  ». Selon lui, dans la plupart des banques qui ont nécessité un sauvetage, «  le problème était lié à une mauvaise gouvernance  ». «  Il n'y a pas de modèle économique qui puisse surmonter ce problème  », a-t-il ajouté.