La Société Générale a décidé d'assigner en diffamation le site internet ElectronLibre et de lui réclamer 100.000 euros de dommages et intérêts pour avoir écrit qu'elle était un acteur bancaire non crédible et insolvable, selon une assignation consultée jeudi par l'AFP.

L'audience devrait se tenir le 19 octobre à 13H30 devant la 17e chambre du tribunal correctionnel. « Dans le contexte actuel, la propagation d'une telle rumeur est particulièrement irresponsable, compte tenu des dommages à l'économie que cela est de nature à engendrer », déplore Me Jean-Yves Dupeux, l'avocat de la Société Générale, dans son assignation.

La SocGen est la cible de rumeurs récurrentes depuis cet été, qui ont fait chuter son cours. Elle a d'ailleurs porté plainte auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour déterminer l'origine de ces rumeurs portent « gravement atteinte à l'intérêt de ses actionnaires ». L'AMF a depuis ouvert une enquête.

« la SG écartée du marché interbancaire »

Les propos poursuivis ont été mis en ligne par le site le 7 septembre dans une brève intitulée « Exclusif: la Société Générale écartée du marché interbancaire ». Le site, édité par la société El Publishing et dirigé par Emmanuel Torregano, poursuivait en affirmant que « selon un dirigeant d'une grande banque française, les banques ne prêtent plus à la Société Générale sur le marché interbancaire ».

Pour l'établissement bancaire, de tels propos portent « atteinte à l'honneur et à la considération de la Société Générale en ce qu'elle la présente comme une banque non crédible et non solvable ne méritant plus aucune confiance de la part des investisseurs, des déposants et des contreparties de marché, alors que celle-ci est essentielle dans l'activité bancaire. »

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Aux yeux de la Société générale, l'auteur de l'article « a non seulement manqué à ses obligations déontologiques les plus élémentaires mais a également fait preuve d'une imprudence caractérisée ». La banque lui reproche essentiellement d'avoir relayé une « rumeur lancée par un concurrent de Société Générale (...) sans la vérifier et sans prendre contact avec » elle.

La Société Générale réclame au site internet 100.000 euros de dommages et intérêts, la publication du jugement, ainsi que la suppression des passages litigieux.