Le président de la Fédération professionnelle du transport de fonds et de la sécurité fiduciaire (Fedesfi) Patrick Lagarde a estimé vendredi qu'il était "inutile de se ruer sur les distributeurs de billets" alors que des employés chargés de les approvisionner sont en grève.

"Il n'y a pas lieu de céder à la panique au niveau de la population car environ 40% des distributeurs sont chargés par nos sociétés" et les autres par les banques elles-mêmes, et des "plans" de secours "sont en route", a-t-il déclaré à l'AFP, évoquant de plus un mouvement "pas très suivi".

La Brink's, dont il est par ailleurs le PDG en France, et Loomis, qui contrôlent environ 90% du marché, ont comptabilisé respectivement 15 et 30% de grévistes dans la matinée.

"Avec une bonne organisation, l'approvisionnement ne sera pas bloqué", a également jugé une porte-parole de Loomis.

D'après l'intersyndicale qui appelle à cesser le travail, au contraire, les gens cherchant à retirer de l'argent pourraient connaître des difficultés "dès la fin de la journée".

Les syndicats ont l'intention que les centres de transport de fonds soient "bloqués" dans les prochaines heures. D'après Pascal Quiroga (CFDT) cependant, des employés de distributeurs subissent "beaucoup de pressions pour reprendre le travail".

"On reçoit des appels de convoyeurs solidaires", a-t-il noté. Pour l'instant ceux-ci ne sont "pas dans le mouvement" et "on ne veut pas revenir à mai 2000, où ils avaient fait grève près de trois semaines", d'après Michel Guyomard (CFTC).

Selon M. Lagarde, il est "inutile de se ruer sur les distributeurs, c'est ça qui pourrait provoquer une vraie crise".

"Il peut y avoir des perturbations" mais "d'ici plusieurs jours", les distributeurs automatiques de billets étant rechargés en moyenne une à deux fois par semaine.

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Il ne devrait pas y avoir de problèmes d'ici Noël, d'après lui.

Alors qu'une intersyndicale CFDT-FO-CGT-CFTC-CFE/CGC-FNCR a appelé le millier d'employés de distributeurs en France à la grève à partir de vendredi, M. Lagarde les a appelés "à la raison" afin qu'ils "actent les avancées significatives" proposées sur les salaires et la prime de risque, que les syndicats veulent au même niveau que celle des convoyeurs.

De plus, la Fedesfi souhaite "faire évoluer les modes opératoires" des employés de distributeurs qui, particularité française, travaillent "seuls et sans arme". "Nous avons fait la proposition avec le ministère de l'Intérieur de débuter dès les premiers jours de janvier une concertation pour traiter en urgence le problème de la sécurité", et envisager un "travail conjoint" des employés de distributeurs et convoyeurs sur le terrain, a complété M. Lagarde.

Aucune nouvelle rencontre syndicats-Fedesfi n'est programmée pour le moment.