Le régulateur européen alerte dans son rapport semestriel sur l'expansion du marché du crédit privé, qui consiste pour des fonds à accorder des prêts aux entreprises sans être des banques. Il pointe en particulier les expositions des banques via les liens qu'elles ont avec les fonds. Si ces expositions restent « limitées », elles sont concentrées dans les plus grands établissements, constate l'ABE.

« Bien que le crédit privé constitue une source importante de financement pour l'économie réelle, son expansion nécessite une surveillance étroite, compte tenu des canaux potentiels de transmission des risques », souligne l'ABE.

Les fonds de crédit privé, qui ont vu leur importance grossir depuis la crise financière de 2008, sont soumis ces derniers mois à une pression accrue des investisseurs. Ces derniers cherchent notamment à retirer l'argent qu'ils y avaient investi, signe d'un manque de confiance dans le secteur.

Les acteurs financiers non bancaires, et en particulier les fonds qui prêtent de l'argent aux entreprises, ne sont pas encore assez bien surveillés par le superviseur, avait aussi affirmé en mai le gouverneur de la Banque de France sortant François Villeroy de Galhau.

La numérisation croissante des services financiers ainsi que l'adoption plus large de technologies de pointe, y compris l'intelligence artificielle, peut amplifier les risques de cyberattaques dans le secteur bancaire, rappelle également l'ABE.

Par ailleurs, l'ABE a de nouveau prévenu que l'intensification des tensions géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, a accru l'incertitude économique et pourrait affecter les banques via des prix de l'énergie plus élevés, un regain de pressions inflationnistes, un affaiblissement de l'activité économique et une volatilité accrue des marchés.