« Les banques françaises orientent de moins en moins leurs financements vers les énergies fossiles et de plus en plus vers les énergies bas-carbone », avance le lobby bancaire français dans un communiqué.

Dans le détail, le montant des crédits présentés comme verts et durables aux bilans des banques françaises est passé de 471 milliards d'euros en 2024 à 510 milliards d'euros l'an dernier, selon la FBF. Les encours de financement à des projets d'énergie renouvelable ont atteint 102 milliards d'euros (+6,3% sur un an). Ces deux segments avaient toutefois augmenté plus vite l'an dernier par rapport à 2024, de près de 30% chacun.

Dans le même temps, l'exposition des banques françaises au secteur de la production d'hydrocarbures a diminué de 18% en 2025, pour descendre à 30 milliards d'euros, d'après la même source. Les banques françaises « choisissent de ne pas participer » à des opérations de financement du secteur du pétrole et gaz contrairement à « d'autres banques européennes, américaines et asiatiques », précise la fédération. Leur exposition au secteur du charbon thermique, à hauteur d'un milliard d'euros, est qualifiée de « résiduelle ».

La FBF ne revient en revanche pas sur un fait marquant de 2025 : l'arrêt des activités de la Net-Zero Banking Alliance (NZBA), programme onusien de neutralité carbone du secteur bancaire, plombé par un contexte moins favorable pour le climat en Europe et aux États-Unis.

Les grandes banques françaises et internationales ont choisi en octobre dernier un cadre plus permissif pour leurs politiques visant à atteindre la neutralité carbone, scellant la fin de ce club, qui a compté à son pic jusqu'à près de 150 membres.

La fédération avait également demandé en début d'année dernière la suspension d'une nouvelle norme européenne imposant aux entreprises de prendre des mesures contre la violation des droits humains et la dégradation de l'environnement.

La FBF met par ailleurs en avant jeudi les différents crédits bonifiés pour la rénovation énergétique des logements ou pour l'achat de véhicules moins émetteurs qu'elle propose aux particuliers, ainsi que les prêts et obligations « verts et durables » à destination des entreprises.

La finance dite durable est la cible d'accusations croissantes de « greenwashing », avec parfois un décalage entre les attentes des épargnants et la réalité.