« A la guerre en Ukraine, dont tous les impacts politiques et économiques ne sont pas encore dénombrés, s'ajoute désormais le conflit au Moyen-Orient, dont les conséquences directes sont perceptibles dans le monde entier : hausse des prix de l'énergie (...), rupture d'approvisionnement dans certaines zones du monde », a listé le dirigeant devant les actionnaires de la banque, réunis à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) à l'occasion de l'assemblée générale annuelle.

En conséquence, « certains secteurs d'activité sont déjà très affaiblis comme le transport, la chimie, mais aussi l'agriculture, la pêche, le tourisme ou le luxe », a-t-il continué.

Le frémissement de l'inflation au mois d'avril rend davantage probable une hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), a poursuivi M. Gavalda, « ce qui pourrait entrainer dans la foulée une baisse de la consommation et de l'investissement ».

D'ailleurs, « les données internes que nous analysons laissent à penser une nette baisse du climat des affaires et une érosion sensible de la confiance des ménages », a-t-il souligné.« En synthèse, rien ne pousse à l'optimisme pour les semaines à venir », a conclu M. Gavalda.

Bénéfice net en hausse au premier trimestre

Le Crédit Agricole, qui se présente comme le deuxième acteur bancaire européen, n'a pas encore senti ce sombre constat dans ses comptes : la banque a publié fin avril un bénéfice net en hausse au premier trimestre, à 2,1 milliards d'euros.

Le dirigeant est également revenu brièvement sur les ambitions du groupe en Italie, où la banque avance notamment ses pions dans la banque locale Banco BPM.

M. Gavalda a partagé à ce propos son « objectif de renforcer nos positions dans ce pays » et indiqué que la banque avait vocation à « jouer un rôle actif dans la consolidation bancaire européenne ».