5 septembre 2018. LAutorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) lance un contrôle dING Bank France, à limage des contrôles réalisés dans toutes les banques françaises. Des contrôles qui nont rien dune simple routine, puisquils ont abouti en 2017 à une série damendes : 10 millions deuros pour BNP Paribas, 5 millions deuros pour la Société Générale, 2 millions deuros pour le Crédit Agricole Vendée Atlantique, à chaque fois pour des manquements de ces établissements dans leur lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (obligations dites LCB-FT), des obligations qui nécessitent notamment de transmettre des informations à la cellule dédiée Tracfin de Bercy. Même mise à lamende, plus récemment, pour la Caisse dEpargne Provence Alpes Corse (2 millions deuros) en 2019 ou le Crédit Mutuel Nord Europe (1,5 million deuros) en 2018. Les sanctions sont à chaque fois proportionnelles aux manquements liées aux obligations de lutte anti-blanchiment et de financement du terrorisme (LCB-FT) mais aussi à la taille de létablissement.
Lire aussi : Pourquoi les banques et Tracfin surveillent-ils vos comptes bancaires ?
LACPR a donc entamé son contrôle en septembre 2018, lequel qui pris fin le 8 février 2019 la procédure globale ayant abouti à un passage devant la commission des sanctions de l'ACPR le 11 février dernier. Verdict, ING France apprend sa sanction le 24 février 2021 : blâme et amende de 3 millions deuros, le dispositif de lutte anti-blanchiment dING en France étant « globalement défaillant » selon le gendarme bancaire. La banque en ligne échappe même à une plus lourde sanction étant donné les « carences importantes » constatées par lACPR, mais celle-ci a été limitée à 3 millions deuros à la vue de la taille et de situation financière dING. Mais aussi parce que le gendarme bancaire a pris acte du lancement par ING « dun vaste plan de remédiation, dénommé “plan de renforcement LCB-FT”, au titre duquel 26 millions deuros ont été dépensés en 2019 et 2020 », et ce même si lACPR juge ce plan « tardif » vu « lancienneté de limplantation en France » de la banque, débarquée en France en 2000 et qui revendique aujourdhui plus dun million de clients.
Lire aussi : Banques en ligne et néobanques : le top clients 2020
Un dispositif à revoir de fond en comble !
Quels étaient donc les torts dING ? LACPR dresse une longue liste de griefs : pour résumer, toute la chaîne de contrôle clients, de suivi, de détection des opérations et clients nécessitant une vigilance particulière et de signalements à Tracfin était à revoir !
Plus en détails, lACPR pointe une classification des risques « incomplète et inefficace », de « graves carences » dans le suivi des opérations à risque et plus globalement pour tous les transferts de fonds, une actualisation « insuffisante » de la connaissance des clients et plus particulièrement des « personnes politiquement exposées », mais aussi des manquements dans les obligations dexamens renforcés et de déclarations de soupçons à Tracfin. Parmi les exemples de manquements ou ratés : une « défaillance technique » ayant entraîné labsence danalyse anti-blanchiment pour 600 000 opérations ; ou labsence de déclaration Tracfin pour un client particulier qui multipliait les transactions sur des véhicules automobile doccasion ou pour des opérations sans aucune justification alors que ces transactions se faisaient avec un autre client déjà signalé à Tracfin
ING France a reconnu de nombreux torts mais, pour sa défense, a précisé que plusieurs fautes ne sont « que » la conséquence dautres manquements LCB-FT signalés par ailleurs Le gendarme bancaire prévient donc dores et déjà quil va vérifier que le vaste « plan de renforcement LCB-FT » promis par ING sera suffisant et bien appliqué.
La réaction d'ING
Dans un communiqué mis en ligne sur son site, « ING en France prend acte de la décision publiée par la commission des sanctions de lACPR », et rappelle que les faits mentionnés « remontent à plus de 2 ans ». Comme précisé par le gendarme bancaire dans la sanction, ING confirme avoir mis en place un « vaste plan de renforcement » afin « daméliorer la gouvernance de la LCB-FT, daffiner les process et les outils associés, daccroître les connaissances et daméliorer les pratiques sur le sujet » : « La banque est désormais entièrement concentrée sur lamélioration du dispositif pour sassurer quil reste efficace sur le long terme. »


















