Au lieu de générer du profit, chaque client coûte en moyenne aux banques en ligne et aux néobanques près de 30 euros par an. En cause notamment : les juteuses primes de bienvenue.

Les banques en ligne et les néobanques ne gagnent toujours pas d’argent, ce, alors même qu’elles attirent un nombre toujours plus grand de clients, d’après une étude de l’autorité de contrôle des banques (ACPR), sortie ce 19 juin, qui s'appuie notamment sur un rapport de KPMG sorti en janvier dernier. A elles seules, les néobanques (Revolut, N26, Nickel...) comptabilisent 3,5 millions de comptes actifs en 2019, un nombre multiplié par 2,5 en 2 ans. L’essentiel des clients se concentrent dans une poignée d’enseignes : cinq acteurs - Nickel, N26, Revolut, Orange Bank, et Lydia - regroupent en effet près de 78% des comptes ouverts en France.

Toutefois, au lieu de leur rapporter de l’argent, ces nouveaux clients, arrivés en masse, pèsent sur la rentabilité des néobanques comme des banques en ligne (Boursorama, Hello Bank...). Car pour se faire connaître et attirer rapidement ces utilisateurs, ces établissements ont choisi de les subventionner « soit par l’octroi de primes au moment de l’ouverture d’un compte en ligne, soit en raison des abondements versés à l’occasion du parrainage de nouveaux clients », analyse l’autorité de contrôle dans son rapport. Résultat : sur les 15 enseignes prises en compte dans cette étude (1), seules « une ou deux » sont rentables.

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En 2018, leur déficit s'élève en moyenne à 30 euros par client, contre 40 euros en 2016. Les résultats financiers des banques en ligne et des néobanques s’améliorent donc au fil des années. Mais, pour accélérer cette transition, elles doivent réussir à « transformer le client en client actif » qui utilise quotidiennement son compte bancaire et surtout souscrit à des produits plus rémunérateurs pour elles (assurance, PEA…). Car, comme l’estime l’ACPR, la quasi-totalité de leurs revenus est générée par seulement 20% de leurs clients, les plus aisés d’entre eux.

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(1) Boursorama (Groupe Société Générale), EKO (Groupe Crédit Agricole), Hello bank (Groupe BNP Paribas), ING (Groupe ING), Monabanq (Groupe CM11-CIC), Orange Bank (Groupe Orange), Ma French Bank (Groupe La Banque Postale), Carrefour Banque, DITTO (lancée par Travelex mais dont les activités ont été arrêtées en février 2020), Nickel (Groupe BNP Paribas), Qonto, N26, Treezor (Société Générale), Fortuneo (Groupe Crédit Mutuel Arkéa) .