La situation de Morning, dont les activités ont été suspendues à la demande du régulateur du secteur financier, fera l’objet d’une réunion, demain vendredi, entre les différentes parties prenantes. L’avenir de la néobanque, qui emploie 48 salariés près de Toulouse, est en jeu.

Preuve de l’intérêt des pouvoirs publics et des collectivités locales pour l’avenir de Morning, cette réunion se déroulera, demain à 17h, à la préfecture de Toulouse, sous l’égide du commissaire au Redressement productif de la région Occitanie. Ce dernier est notamment chargé, sous l’autorité du préfet, de soutenir les entreprises locales en difficultés, et a le pouvoir de mobiliser des dispositifs publics de soutien. Les actionnaires de Morning sont évidemment conviés, au premier desquels l’assureur MAIF. La passivité et le manque de soutien de ce dernier, qui possède 40% du capital de la néobanque, ont clairement été cités par Eric Charpentier, CEO de Morning, comme étant à l’origine des difficultés actuelles.

En attendant cette réunion, Morning, et son CEO Eric Charpentier, ont décidé de ne plus communiquer. Non sans avoir, au préalable, publié une réponse à la MAIF, dont le directeur général adjoint, Nicolas Siegler, a livré le point de vue dans la presse.

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Une stratégie validée par « tous les investisseurs »

Dans un communiqué, Morning répond ainsi point par point à Nicolas Siegler, qui a notamment pointé des différends stratégiques et des dépenses inconsidérées. La fintech affirme notamment que « dès janvier 2016, tous les investisseurs, dont la MAIF, ont validé la stratégie 2016 prévoyant clairement le développement de la néobanque, fixant les éléments chiffrés et prévoyant une levée de fonds intermédiaire pour anticiper les besoins de trésorerie ». « Le business plan a été mené et respecté », poursuit le communiqué, « et vous [la MAIF, NDLR] vous étiez engagé à vous positionner sur un apport en trésorerie en fin d’été, pour faire le lien avant la levée de fonds. »

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Morning, qui a sollicité et obtenu sur les réseaux sociaux le soutien de personnalités de la fintech et des collectivités locales, conteste également avoir orchestré une campagne de presse contre la MAIF. Elle forme aussi « le vœu qu’il n’y ait pas de campagne de dénigrement menée contre Morning pour l’éliminer du marché et permettre l’émergence d’un acteur contrôlé par MAIF », sans plus de précision sur cet acteur.