BNP Paribas a dévoilé ce matin sa nouvelle marque, une banque en ligne « pure-player » baptisée Hello Bank, dont le lancement commercial se déroulera en France le 17 juin prochain. Conçue prioritairement pour les usages sur mobile et tablette, Hello Bank sera également présente en Belgique, en Allemagne et en Italie.

Ce sera donc bien Hello Bank. Voilà près de trois mois que l’intention de BNP Paribas de lancer une nouvelle marque bancaire a fuité dans la presse. Ce matin, à l’occasion d’une conférence de presse, François Villeroy de Galhau, le directeur général adjoint chargé du développement du projet, a confirmé la plupart des pistes évoquées à l’époque, et dévoilé quelques éléments plus inattendus.

La confirmation d’abord : comme attendu, Hello Bank ! est une banque en ligne « pure-player », c’est-à-dire dépourvue d’agences physiques. L’ensemble de la relation bancaire se fera à distance, sur de larges plages horaires. Pas de conseiller dédié, a expliqué François Villeroy de Galhau, mais une équipe de conseillers, baptisée « Hello Team », qui interagira avec les clients par téléphone, mail, chat ou via les réseaux sociaux.

Carte bancaire gratuite, sous conditions

Avec ce modèle, Hello Bank ! va prendre position sur un marché français de la banque en ligne qui compte déjà quatre acteurs principaux, Fortuneo (Arkéa), Monabanq (Crédit Mutuel-CIC), Boursorama Banque (Société Générale) et le leader en nombre de clients, la néerlandaise ING Direct. Dans son positionnement marketing, la filiale de BNP Paribas lorgne d’ailleurs clairement du côté de la banque orange. Comme elle, elle centre son argumentaire sur la simplicité d’usage et la transparence, notamment en matière tarifaire. Hello Bank ne facturera pas ses cartes bancaires (Visa et Visa Premier), pas plus que les opérations bancaires courantes (virements, retraits…). Elle intégrera dans son catalogue un livret d’épargne, le Livret Hello. Pas de détails, dans l’immédiat, sur les conditions de sa rémunération. Mais Hello Bank, dans son communiqué de presse, promet des « produits d’épargne avantageux toute l’année », ce qui laisse augurer d’un « super-livret » avec offres promotionnelles récurrentes.

Toutefois, comme chez ses concurrents, l’accès à ces avantages sera conditionné. Les clients de Hello Bank devront ainsi justifier d’un revenu net mensuel minimum de 1.400 euros pour un compte simple (2.200 pour un compte joint), ou de 5.000 euros de dépôts dans les livres de la banque. Elle sera donc un peu plus sélective qu’ING Direct (qui demande un versement mensuel minimum de 750 euros) et Boursorama Banque (1.200 euros nets mensuels ou 5.000 euros de dépôt), mais un peu moins que Fortuneo (1.500 euros euros mensuels ou 5.000 euros de dépôt).

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« Mobile comme vous »

Hello Bank se positionne comme une banque de la mobilité, et l’affiche dans son slogan : « Mobile comme vous ». Un soin tout particulier, nous promet-on, a été apporté aux applications pour smartphones et tablettes de la marque. Interrogé sur la radio BFM Business, François Villeroy de Galhau a ainsi annoncé « une expérience client innovante et époustouflante », expliquant que « Hello Bank est une banque nativement sur mobile, pas un site internet déroulé sur mobile. »

Plus original, Hello Bank sera aussi une banque en ligne européenne. En effet, elle ne se contentera pas du marché français, mais s’implantera aussi dans trois autres pays européens. Dès aujourd’hui, les Belges et les Allemands peuvent ainsi ouvrir des comptes courants ou d’épargne dans la nouvelle enseigne. Les Italiens, eux, devront attendre le 1er octobre. Entre les deux, les Français patienteront jusqu’au 17 juin pour ouvrir un compte. En attendant cette date, BNP Paribas a toutefois mis en place un système de pré-inscription, avec à la clé une prime de 80 euros pour les 5.000 premiers à réserver un compte.

1,4 million de clients dans quatre ans

Cette dimension européenne permet à BNP Paribas d’afficher des objectifs de clientèle ambitieux. La banque espère atteindre le cap des 1,4 million de clients, dont 500.000 en France, en même temps que la rentabilité, à l’horizon 2017. Pour cela, elle mobilisera au cours de sa première année d’existence 80 millions d’euros pour l’acquisition de nouveaux clients. Le but d’Hello Bank est en effet prioritairement de convaincre une nouvelle clientèle, plus jeune, plus connectée, plutôt que de convertir ses clients actuels à la banque à distance. Histoire, aussi, de ne pas tirer une balle dans le pied de son réseau d’agences, déjà fragilisé par la crise et l’évolution des usages des clients.