
Maeva Courtois, quelle est la spécificité d'helios dans le paysage très peuplé de la néobanque ?
Maeva Courtois : « Depuis notre lancement en 2020, nous nous sommes donné pour mission d'orienter les dépôts qu'on nous confie vers le financement des secteurs clés pour transformer l'économie en diminuant son impact sur les hommes et la biodiversité. Concrètement, cet argent (15 millions d'euros actuellement) est intégralement fléché vers des projets et des entreprises de la transition écologique, avec une liste d'exclusion qui intègre les énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon), mais également les pesticides chimiques, l'élevage intensif et les activités liées à la déforestation. La liste complète est disponible sur notre site web. »
« (...) le compte de dépôt que nous distribuons a l'impact carbone le plus faible de France »
Vous revendiquez de distribuer le compte le plus écologique de France. Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer cela ?
Maeva Courtois : « En tant qu'entreprise à mission, nous sommes audités tous les deux ans. Nous avons ajouté un audit annuel de la société Greenly, qui calcule notre impact carbone, en tonnes de CO2 émis par million d'euros d'investissement. Cela nous permet de nous comparer avec les autres et d'affirmer que le compte de dépôt que nous distribuons a l'impact carbone le plus faible de France. »
Vous ne détenez pas aujourd'hui de licence bancaire. Vous avez donc l'obligation de cantonner les dépôts collectés dans un autre établissement, le Crédit Mutuel Arkea. Quel est le montage qui vous autorise à investir une partie de ces dépôts ?
Maeva Courtois : « Effectivement, helios est agent d'un prestataire de services de paiement, l'établissement de monnaie électronique Okali, après avoir travaillé avec Solaris (fintech allemande disposant d'une licence bancaire complète, NDLR). Cantonner 100% des dépôts n'est pas une obligation. Notre accord avec Okali nous permet d'investir une partie des dépôts dans des fonds choisis. Historiquement, nous avons investi 20 à 40% des dépôts sur des obligations proposées par la Banque européenne d'investissement (EIB, institution de financement à long terme de l'Union européenne, NDLR). Elles présentent certaines caractéristiques : liquidité, pas de risque de perte en capital, pas de risque de forte volatilité. »
« Le projet est d'obtenir une licence bancaire complète »
Votre rachat par Younited, l'été dernier, va-t-il changer des choses, de ce point de vue ?
Maeva Courtois : « Effectivement. Le projet est d'obtenir une licence bancaire complète. Younited possède déjà une licence qui lui permet de distribuer des crédits. Nous avons déposé auprès de l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, régulateur du secteur bancaire, NDLR) une demande d'extension de cette licence aux services bancaires du quotidien. Elle nous permettrait d'avoir 100% la main sur les dépôts de nos clients, sans passer par un tiers, et faire de l'investissement direct, mais également de la création monétaire, pour réaliser des financements avec encore plus d'impact. »
Younited, spécialiste du crédit à la consommation, s'offre la néobanque verte Helios
Pourquoi avoir choisi de vous rapprocher de Younited ?
Maeva Courtois : « Nous proposons des produits qui sont très différents, mais très complémentaires. Helios accompagne les usagers qui souhaitent avoir un impact sur la transition écologique. Younited a une approche plus sociale : offrir un accès au crédit à des populations qui en sont parfois exclues. L'objectif est de répondre aux enjeux d'aujourd'hui de nos clients — par exemple, le pouvoir d'achat qui s'étiole — tout en les accompagnant sur les enjeux d'après-demain — leur impact sur la transition écologique. »
« Des autorisations de découvert, des chéquiers, des facilités de paiement, du débit différé... »
Quels sont les produits que ce rapprochement va vous permettre de proposer à vos clients ?
Maeva Courtois : « Du crédit d'abord, pour les aider à financer leurs projets de vie. Mais aussi, pourquoi pas, des autorisations de découvert, des chéquiers, des facilités de paiement, du débit différé... Des produits pour lesquels il existe une demande. Nous souhaitons également développer notre gamme de produits d'épargne, avec des comptes rémunérés, notamment, et notre programme de cashback. Il est encore trop tôt pour dévoiler une feuille de route précise. Nous voulons vraiment être à l'écoute des besoins des consommateurs. »























