Certaines banques continuent à facturer des services du quotidien qui devraient être gratuits, parce que largement automatisés ou liés à des engagements pris auprès des pouvoirs publics. Zoom sur quelques anomalies tarifaires.

Deux fois par an, l'Observatoire des tarifs bancaires du CCSF (1) publie son étude sur les prix pratiqués par 109 banques sur les services les plus courants. Un travail qui permet de suivre les lignes tarifaires qui augmentent, mais également de jauger l'évolution des pratiques des banques.

La relation bancaire a, en effet, beaucoup évolué au cours de la dernière décennie, sous l'effet du numérique. Certaines opérations qui, autrefois, nécessitaient de se rendre en agence ou d'appeler un conseiller sont désormais effectuées en autonomie par les clients et ne coûtent donc presque plus rien aux établissements. D'autres sont intimement liées à des engagements pris auprès des pouvoirs publics. Mais elles restent parfois payantes. Voici 3 exemples de ces anomalies tarifaires.

La banque à distance

Le site web et l'application mobile sont devenus depuis longtemps les canaux préférés de la plupart des clients pour leurs opérations du quotidien : consulter les soldes de leurs comptes, effectuer des virements, gérer les paramètres de paiement de leur carte bancaire... Une évolution largement accompagnée par les banques, qui ont toutes travaillé à améliorer la qualité de leurs vitrines numériques. Il faut dire qu'elles ont tout à y gagner : plus le client est autonome, moins il est susceptible de « déranger » son conseiller pour des opérations à faible valeur ajoutée.

Pourtant, quelques banques continuent à facturer leurs services de banque à distance. Elles sont heureusement rares : six seulement (sur 109), toutes des banques régionales. On y retrouve un Crédit Agricole (Centre Loire), deux Crédits Mutuels (Antilles-Guyane et Maine-Anjou, Basse-Normandie) et 3 enseignes Banque Populaire (BRED, BRED Guadeloupe et Banque de Savoie). Le prix annuel, lui, est compris entre 12 euros et 51,12 euros.

Les virements et prélèvements sur internet

Toujours pour alléger les flux de clients dans leurs agences ou au téléphone, les banques ont une stratégie : faire payer, très cher, les opérations courantes effectuées avec l'aide de leurs conseillers. Un virement initié au guichet coûte ainsi désormais 4,50 euros pièce en moyenne, un prix qui a augmenté de 25% en moins de 10 ans. En contrepartie, les virements initiés sur internet sont gratuits. Enfin, presque partout. Un établissement résiste encore : la Banque de Savoie (Banque Populaire), la même qui fait payer très cher la banque à distance, facture 0,30 euro pour un virement internet.

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La mise en place d'un mandat de prélèvement est une autre opération automatisée qui n'est pourtant pas encore gratuite partout. 7 établissements la facturent toujours, entre 4,36 euros et 12 euros pièce, sauf pour le paiement des factures d'eau, d'électricité, de gaz ou de téléphone.

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Les alertes SMS sur solde

Parmi les engagements pris par les banques en 2018 en faveur de la maîtrise des frais d'incidents bancaires figurait la mise à disposition d'un service d'alerte de la situation du compte courant. Un outil utile pour permettre aux clients de réagir vite en cas de découvert non autorisé, afin d'éviter l'avalanche des frais d'incidents. En particulier quand l'alerte est envoyée par SMS, directement sur le mobile du client.

Au 6 janvier 2022, toutes les banques du panel retenu par l'Observatoire des frais bancaires proposent effectivement ces alertes sur solde par SMS. En revanche, elles sont encore trop rarement gratuites, dans 18 établissements seulement, dont 7 banques en ligne. Les autres en facturent l'envoi, pourtant largement automatisé, soit sous forme de forfait (18,39 euros par an en moyenne), soit à l'unité (0,29 euro pièce en moyenne).

Alertes SMS : les banques jouent-elles le jeu ?