Quand il sagit de limiter lappétit des banques en matière de frais bancaires, les 17 députés La France Insoumise (LFI) aiment les comptes ronds. Le groupe parlementaire dopposition vient de déposer une proposition de loi visant à plafonner les frais facturés par les banques à loccasion dincidents de paiements : 2 euros par incident, dans la limite de 20 euros par mois et 200 euros par an.
Des plafonds qui incluraient « les frais de régularisation mais aussi les autres frais liés à lincident (lettre dinformation pour compte débiteur, rejet de chèque pour défaut de provision, rejet de prélèvement ou de virement) », indique le texte, ainsi que « les intérêts débités à raison dun solde débiteur du compte pendant un ou plusieurs jours, cest-à-dire les agios ( ) ».
Un texte qui va beaucoup plus loin que les plafonds existants
Certains des frais dincidents visés par le texte sont déjà plafonnés, par la réglementation ou à la suite dengagements du secteur bancaire. Cest le cas des commissions dintervention (8 euros), des frais de rejet de prélèvements (montant du prélèvement dans la limite de 20 euros) et de rejet de chèques (30 euros pour les chèques dun montant inférieur à égal de 50 euros, 50 euros au-delà). Il existe également deux types de plafonds globaux : 25 euros par mois pour les clients identifiés comme fragiles financièrement ; 20 euros par mois et 200 euros par an pour ceux qui ont accepté de souscrire une offre bancaire dédiée aux clients fragiles.
La proposition de loi des députés LFI va toutefois beaucoup plus loin. Elle ajoute dabord un plafond par incident, mais étend surtout le bénéfice de ces plafonds à lensemble de la clientèle bancaire, particuliers et professionnels. Elle interdit ensuite la facturation des frais de saisie avec avis à tiers détenteur (ATD) - et de saisie-attribution, aujourdhui plafonnés à 10% du montant dû. Enfin, elle veut contraindre les établissements à reporter chaque année à leur régulateur (lAutorité de contrôle prudentiel et de résolution) « le nombre de clients personnes physiques sétant vu facturer un ou plusieurs frais mentionnés ( ) ainsi que le montant total, après extourne, des bénéfices résultant de la facturation de ces frais ».
Peu de chances daboutir
Lambition du texte est claire : limiter drastiquement le « véritable impôt privé » que représentent, selon les députés LFI, les frais dincidents. « Aujourdhui, [ils] rapportent plus de six milliards deuros par an aux banques françaises », indiquent-ils. « Ce montant ( ) pèse sur plus de sept millions de clients. La France est parmi les pays de lUnion européenne dont les frais bancaires sont les plus élevés. Ils touchent principalement les classes populaires et les classes moyennes, limitant sensiblement leur pouvoir dachat et aggravant les inégalités socioéconomiques. »
Sagissant dun texte émanant dun groupe dopposition, la proposition de loi na toutefois que peu de chances daboutir. Avant même dêtre présentée à la représentation nationale, elle devra en effet être jugée recevable, puis être inscrite à lordre du jour par le gouvernement ou la conférence des présidents de lAssemblée nationale.


















