Les banques modifient en principe une fois par an leur brochure tarifaire. Cest souvent loccasion, pour elles, de faire évoluer leur gamme de produits et services et, malheureusement, aussi loccasion daugmenter leurs prix. Toutefois, à la lecture des plaquettes de certaines enseignes, plusieurs lignes tarifaires nont vraisemblablement pas dû être revues depuis fort fort longtemps... Voici un petit florilège.
Lespace client payant et parfois facturé à la connexion
A lheure où les clients se font de plus en plus rares dans les agences ce qui découle aussi dune volonté des banques de faire des économies sur les réseaux facturer labonnement pour gérer leur compte à distance peut sembler désuet. Et pourtant, quelques banques font de la résistance, à limage du groupe Crédit du Nord (2 euros par mois), du Crédit Mutuel Océan (2,70 euros par mois) ou encore de la Banque de Savoie (4,26 euros par mois). Mais la politique tarifaire la plus surprenante émane du Crédit Mutuel Maine Anjou Basse Normandie. Plutôt que de facturer un abonnement mensuel, cette banque régionale précise dans sa plaquette faire payer 0,50 euro la connexion à lespace client (après deux connexions gratuites par mois). Autrement dit, si un client en attente dune opération urgente se connecte à 5 reprises dans une journée, la banque lui facturera, à ce titre, jusquà 2,50 euros ! Une pratique qui - à rebours des conseils de la profession - n'incite pas les clients à surveiller leurs comptes...
Les alertes par SMS devraient être systématiquement gratuites
Ces alertes reçues sur son téléphone qui préviennent le client dun découvert bancaire ou dune opération atypique sur son compte sont très pratiques. Elles permettent de rester informé du solde de son compte. Et pourtant, si les banques en ligne fournissent gratuitement ce service, les banques avec agences peinent à suivre. Elles sont encore rares à avoir adopté cette politique tarifaire. Dans le détail, daprès notre relevé au 1er avril, seuls 14 établissements sur 124 ne font pas payer les alertes sur la situation du compte. Les autres appliquent soit un abonnement mensuel (facturé entre 1 et plus de 4 euros par mois) ou un prix à lunité (revenant souvent entre 20 et 75 centimes deuro par texto). Plus surprenant encore, plusieurs établissements ne proposent toujours pas ce service comme Allianz Banque ou Milleis Banque (ex-Barclays France).
Le virement en ligne facturé
Afin dinciter leurs clients à gérer en autonomie leur compte, leur permettre dinitier eux-mêmes et gratuitement des virements devient ces dernières années la norme. Certaines banques et pas des moindres ont récemment changé, en ce sens, leur politique tarifaire. Cest le cas de La Banque Postale qui, jusquen 2017, facturait à chaque débit du compte 0,50 euro les virements permanents programmés en ligne. Lannée dernière, la Banque Populaire Côté dAzur, la Macif ou encore le Crédit Mutuel Nord Europe ont, à leur tour, opté pour la gratuité. Mais aujourd'hui, une enseigne continue à faire payer les virements effectués en ligne. Il sagit de la Bred Banque Populaire. Ainsi, pour les clients nayant pas souscrit à labonnement banque à distance payant, un virement initié via Dispobank est facturé comme une opération en agence, à savoir 3,98 euros pour un virement ponctuel et 1,24 euro par virement permanent.
Les irréductibles du prélèvement SEPA
Avec la généralisation du prélèvement aux normes SEPA, à lété 2014, les banques ont progressivement fourni gratuitement ce moyen de paiement, en sus de lobligation légale de ne pas facturer les prélèvements émanant du Trésor Public. En effet, la norme SEPA a simplifié la gestion des prélèvements : les banques n'ont même plus besoin de vérifier le mandat de prélèvement. Résultat, alors qu'au 1er janvier 2014, une cinquantaine denseignes facturaient les prélèvements, elles ne sont aujourd'hui plus qu'une dizaine. Parmi les banques à faire de la résistance, on trouve le Crédit Maritime Méditerranée, la Banque Marze et la Banque Dupuy de Parseval. Qui plus est, ces 3 établissements tarifient tous les prélèvements (hors impôts) alors que la plupart des banques, chez qui ce service est payant, exonèrent de frais les opérations servant à payer les services de première nécessité comme le règlement des factures dénergie ou de téléphonie. A noter également que quelques caisses du Crédit Agricole font indirectement payer les prélèvements en facturant la notification de leur mise en place.
Le relevé de compte papier quotidien
Recevoir toutes les semaines, voire tous les jours, un relevé de compte dans sa boîte aux lettres, cest possible à La Banque Postale ! Cest en tout cas ce que létablissement indique dans sa brochure tarifaire. Mais cela a un coût : 1 euro par mois au titre de labonnement, puis 0,80 euro par relevé. Sinon, il y a l'espace client en ligne...
Lappel surtaxé au service client
Vous narrivez pas à joindre votre conseiller personnel mais vous avez besoin dun renseignement qui ne peut pas attendre ? Dans ce cas, les banques proposent des hotlines téléphoniques qui permettent de contacter un conseiller sur des plages horaires étendues. Pratiques, mais pas toujours gratuites ! Quelques banques, dont le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, la Société Générale et La Banque Postale, appliquent une surfacturation de 15 à 30 centimes deuro la minute, selon les établissements.
Lépargne automatique qui savère payante
De nombreuses banques proposent à leurs clients des services dépargne automatique. Il sagit de virer automatiquement leur surplus de trésorerie vers leur Livret A ou tout autre livret dépargne. Les arguments commerciaux sont évidents : cela permet dépargner sans y penser et en toute sécurité puisque lopération est déclenchée si le compte de dépôt est suffisamment approvisionné. Mais, bémol de taille, ce service peut être payant. Il coûte ainsi 8,16 euros par an à la Caisse dEpargne Ile de France, 9 euros à La Banque Postale, 16 euros à la Banque Populaire du Sud ou encore 21 euros à la Banque Populaire Grand Ouest ce qui, au final, paraît onéreux pour un virement interne.
Lire aussi : Packages bancaires : le top 5 des services inutiles
















