Selon le quatrième rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires du CCSF (1), couvrant l’année 2014 et le début de l’année 2015, les prix pratiqués par les banques sur les 11 produits et services les plus courants n’ont jamais été aussi stables depuis 2010. Le statu quo, toutefois, est à relativiser : il est le résultat d'évolutions contradictoires qui tendent à s'annuler. Le point des hausses et des baisses, ligne tarifaire par ligne tarifaire.

A la hausse

Les cartes bancaires - Malgré la concurrence des banques en ligne, qui affichent toutes ou presque la gratuité sur ce produit (sous conditions de revenus, toutefois), les banques à réseau continuent de facturer de plus en plus cher les cartes bancaires. Entre fin décembre 2014 et janvier 2015, le prix annuel moyen (2) des cartes à débit immédiat a augmenté de 1,25%, pour atteindre 38,92 euros ; celui des cartes à autorisation systématique de 1,8% entre janvier 2014 (29,88 euros) et janvier 2015 (30,38 euros). La cotisation des cartes à débit différé est par contre en très légère baisse (-0,1% entre décembre 2013 et décembre 2014), confirmant une évolution déjà observée les années précédentes. L’écart entre la cotisation annuelle des cartes à débit immédiat et à débit différé tend en effet à se réduire : 6 euros actuellement, contre 7 euros en 2011.

Les frais de tenue de compte - En 2013, le CCSF a pris acte de l’essor de la facturation des frais de tenue de compte en l’intégrant dans l’extrait standard des tarifs. Premier constat en 2015 : leur généralisation se poursuit. Sur 121 banques indiquant un tarif pour ce « service », seules 30 affichent la gratuité au 5 janvier 2015. C’est 8 de moins qu’en janvier 2014, 21 de moins qu’en janvier 2012. Second constat : leur prix augmente toujours. Dans les établissements qui la facturent, la tenue de compte annuelle coûte en moyenne 13,95 euros en janvier 2015, contre 13,08 euros fin 2013 et 7,77 euros fin 2011. Plus impressionnant encore est l’écart de prix selon les établissements, qui s’étale de 4,20 euros à 146 euros.

Les retraits hors réseau - A première vue, le prix moyen facturé pour les retraits effectués dans un distributeur automatique d’une autre banque que la sienne est stable. Toutefois, deux statistiques montrent que ces retraits payants coûtent de plus en plus cher aux clients. Le nombre de banques proposant la gratuité illimitée sur ce service est de plus en plus réduit : elles ne sont plus que 12 au 5 janvier 2015, contre 15 un an plus tôt. Ensuite, le seuil moyen à partir duquel les retraits deviennent payants continue de reculer : de 3,94 fin 2009, il est passé à 3,71 au 31 décembre 2014 et à 3,51 au 5 janvier 2015.

Stables

L’assurance perte et vol des moyens de paiement - 24,60 euros fin 2013, 24,57 euros fin 2014, 24,64 début 2015 : le coût annuel moyen de l’assurance moyens de paiement, dont l’intérêt pour le client est critiquée par les associations de consommateurs, n’évolue pas de manière significative. Plusieurs banques ont toutefois reporté leurs efforts sur des assurances premium, couvrant le vol des appareils électroniques ou les préjudices liés à l’usurpation d’identité, qui ont l’avantage de ne pas figurer dans l’extrait standard des tarifs.

Les virements - La gratuité des virements initiés par internet est désormais généralisée, à condition pour certains clients de payer leur abonnement au service internet de leur banque (voir plus bas). Le prix de ceux initiés en agence évolue peu : 3,61 euros au 5 janvier 2015, contre 3,56 euros un an plus tôt.

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Service d’alertes par SMS - Le prix moyen de ce service, proposé sur abonnement (61% des enseignes) ou à l’unité (39%), est resté quasi-stable en 2014 (-0,1%).

A la baisse

Les commissions d’intervention - Depuis le 1er janvier 2014, le coût des commissions d’intervention est légalement plafonné à 8 euros par opération et 80 euros par mois. C’est donc d’abord à la réglementation que les usagers doivent la baisse constatée : au 5 janvier 2015, le coût moyen d’un incident de fonctionnement est de 7,73 euros, contre 7,80 euros fin 2014 (-0,36%). L’évolution de la réglementation a par ailleurs un effet pervers : le déclin des plafonds journaliers, qui protégeaient les clients en cas de dérapage très ponctuel. Il n’est plus pratiqué que par 21 établissements en janvier 2015, contre 40 fin décembre 2015.

Les prélèvements - La gratuité de la mise en place de l’autorisation de prélèvement est presque généralisée pour les paiements effectués aux organismes de service public et assimilés (impôts, factures d’eau et d’électricité, etc.). On s’en rapproche également pour les autres types de prélèvements : le coût moyen de mise en place n’est plus que de 0,85 euros en janvier 2015, contre 2,03 euros un an plus tôt. La baisse est nette, mais aurait logiquement pu l’être encore plus : depuis la bascule vers le format unique européen SEPA, à l’été 2014, les banques n’interviennent plus, en effet, dans la gestion des mandats de prélèvements, pris en charge directement par les créanciers.

L’abonnement au service de banque sur internet - Certaines banques continuent de facturer à leurs clients le simple accès à leurs services bancaires en ligne. C’est encore le cas au 5 janvier 2015 de 40 enseignes, sur les 126 observées. Ce chiffre est heureusement en recul permanent : 13 enseignes ont encore abandonné cette pratique début 2015, entraînant une soudaine baisse (-46,18%) du prix moyen de ce service, facturé actuellement 3,72 euros par an en moyenne.

Pour aller plus loin, voir notre comparatif des tarifs bancaires en France

(1) Comité consultatif du secteur financier, organe chargée de la régulation des relations entre les banques et leurs clients, réunissant des représentants des pouvoirs publics, des banques et des consommateurs sous l’égide de la Banque de France.

(2) L’ensemble des prix moyens cités dans cet article sont des prix moyens pondérés en fonction du nombre de comptes courants détenus fin 2014 par les 126 enseignes incluses dans le périmètre de l’étude.