Un ménage sur 4 a fait au moins un prêt à la consommation en 2018, soit près de 8 millions de foyers, daprès le dernier Observatoire des crédits aux ménages de la Fédération bancaire française. Parmi eux, plus de la moitié ont en parallèle également pris une assurance emprunteur. « Chez Banque Casino, la majorité des emprunteurs, entre 60% et 80%, prennent l'assurance », illustre Marc Lanvin, directeur général adjoint de cet établissement de crédit. Une proportion qui peut sembler élevée. Si lassurance emprunteur est incontournable dans le cadre dun prêt immobilier, elle est facultative pour un crédit à la consommation (prêt travaux, personnel, auto ou encore renouvelable).
Pour Marc Lanvin, cest justement ce lien étroit entre crédit et assurance lors dun achat immobilier qui explique le taux de souscription élevé de lassurance emprunteur pour les crédits conso. « La majorité des Français sont propriétaires de leur logement. Or, pour obtenir un prêt immobilier, la banque demande systématiquement une assurance emprunteur. Les Français sont donc habitués à s'assurer lorsqu'ils empruntent. D'où un taux de pénétration élevé même dans le cadre d'un crédit conso où l'assurance est facultative », analyse le directeur adjoint de Banque Casino.
Une assurance qui rassure
Il faut dire que cette couverture est largement présente dans le discours commercial. Que le prêt conso ait été souscrit en ligne, avec son banquier, chez un concessionnaire auto ou une enseigne de grande distribution, ou encore dans une agence dun établissement de crédit spécialisé (type Sofinco ou Cofidis ), il est le plus souvent conseillé à lemprunteur de prendre cette assurance. « Nous recommandons en général de souscrire l'assurance emprunteur parce que personne ne sait ce que l'avenir lui réserve, avance également Marc Lanvin. L'assurance emprunteur en crédit à la consommation sert comme dans le cadre d'un prêt immobilier à rassurer l'emprunteur, sa famille et la banque. Elle couvre les impondérables, les aléas de la vie qui ne peuvent être anticipés, à savoir le décès, l'incapacité temporaire ou permanente de travailler voire la perte d'emploi », poursuit le directeur adjoint de Banque Casino.
Effectivement, quel emprunteur n'est pas un minimum inquiet à lidée de ne plus gagner suffisamment pour rembourser son crédit ? Ce faisant, « spontanément, les ménages se disent quil est préférable et plus prudent de prendre lassurance, au cas où. Cela les rassure », remarque Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux. Dans le détail, cette couverture intègre au moins 3 garanties : le décès, la perte totale et irréversible dautonomie (PTIA) et lincapacité temporaire totale de travail (ITT). Dans le cadre de la garantie PTIA, lassureur prend en charge les mensualités si lemprunteur ne peut exercer une quelconque profession pour le reste de sa vie. En ce qui concerne lITT, la couverture dure tant que la personne est dans lincapacité de continuer son activité professionnelle. Une fois quil retourne au travail, lassureur ne lui demande pas de rembourser les mensualités payées à sa place. Les échéances reprennent comme avant lITT.
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Des garanties parfois difficiles à faire jouer
Mais attention aux restrictions et cas dexclusion qui peuvent complexifier lactivation de ces couvertures. Les contrats dassurance définissent toujours très précisément les circonstances qui permettent de faire jouer la prise en charge des mensualités. Ainsi, pour que lassureur reconnaisse la perte totale dautonomie, il est souvent nécessaire que lemprunteur ait recours aux services dune tierce personne pour laider dans sa vie quotidienne. Qui plus est, les circonstances de laccident ou du décès sont aussi scrutées par la compagnie dassurance. Par exemple, les sinistres sous lemprise de lalcool, suite à la pratique de certains sports (alpinisme, parachutisme...) ou de professions jugées à risque (pompier, marin, cascadeur ou encore convoyeur de fonds) ne sont pas couverts. Daprès les documents dinformation et notices dassurances consultés, les incapacités liées à une dépression ou une affection psychiatrique sont également exclues.
Sur option, les assurances emprunteur peuvent également couvrir la perte demploi. Là encore, derrière cette expression vague se cache une définition très précise. Dans ce cadre, lassureur se substitue à lemprunteur uniquement si celui-ci était auparavant salarié en contrat à durée indéterminée. De plus, il doit avoir été licencié et percevoir à ce titre une allocation chômage. De fait, les personnes en CDD, ou dont lemployeur a mis fin au contrat durant la période dessai, ou ayant démissionné, ou encore ne pouvant prétendre à une indemnisation de Pôle Emploi ne peuvent faire jour cette garantie. « Nous respectons notre devoir de conseil. C'est pourquoi, selon la situation de l'emprunteur, s'il est inactif par exemple, nos algorithmes ne lui proposent pas la garantie perte d'emploi », indique Marc Lanvin de Banque Casino.
De plus, lassurance emprunteur ne sactive pas immédiatement. Hors décès, une franchise de 30 à 90 jours est appliquée. Pendant cette période qui peut donc atteindre 3 mois donc 3 mensualités de crédit lemprunteur devra rembourser par ses propres moyens le prêt conso. En outre, sagissant de la garantie perte demploi, celle-ci nest acquise quaprès une période de carence, de 6 mois en principe, daprès les notices dassurances que nous avons consultées.
Attention aux cases précochées !
Lors de la souscription d'un crédit conso, l'emprunteur doit le plus fréquemment cocher une case lorsqu'il souhaite s'assurer. Il arrive parfois que celle-ci soit précochée. Soyez donc vigilant et prenez votre temps lorsque vous souscrivez votre prêt !
Un rapport coût-risque à analyser
Pour quel prix ? En fonction de la souscription ou non de la garantie perte demploi et de lenseigne, lassurance est facturée entre 0,10% et 0,30% du montant du crédit. « Ce nest pas que lassurance emprunteur pour un prêt conso ne sert à rien ou quelle est très onéreuse, mais, contrairement à un emprunt immobilier, son coût rapporté au risque fait quelle est rarement nécessaire », estime Maël Bernier.
Dans le cadre dun prêt immobilier, les sommes en jeu sont très élevées. Lemprunt moyen atteint 170 000 euros en 2018, daprès lAutorité de contrôle prudentiel et de résolution. Et la durée de remboursement prévue initialement varie de 20 à 25 ans le plus fréquemment. Doù le fait que les banques conditionnent loctroi du prêt à la souscription dune assurance. Toutefois, dans le cadre d'un crédit conso, les montants en jeu et la durée demprunt ne sont pas les mêmes. Daprès le portrait-robot dressé par Cofidis en 2018, les Français empruntent en moyenne 8 600 euros (pour un maximum autorisé de 75 000 euros) tous types de crédits conso confondus.
Voir notre comparatif des prêts à la consommation




















