Mini prêt instantané

Importés des pays anglo-saxons et disponibles en France depuis quelques années, les mini-prêts instantanés permettent d'emprunter entre 100 et 2 500 euros, selon les prêteurs, et d'obtenir l'argent instantanément ou très rapidement.

Ils sont présentés, selon les cas, comme une avance sur salaire, un « coup de pouce », une manière de financer un achat coup de cœur ou une dépense imprévue, ou une alternative au découvert bancaire pour boucler une fin de mois. En raison de leur durée de remboursement très courte, ils ne sont pas des crédits à la consommation au sens strict, mais plutôt des facilités de paiement. Dans l'immédiat, leur distribution échappe donc à toute régulation, notamment en matière d'information précontractuelle, de vérification de la solvabilité des emprunteurs ou de niveau de frais.

Ces mini-prêts sont accessibles en ligne, via un site web ou une application mobile. Pour réduire les formalités et accélérer l'octroi, les prêteurs vous proposent de partager avec eux votre historique de compte bancaire.

Ces mini-crédits instantanés coûtent en général très cher, au regard des sommes empruntées et de la durée de remboursement.

Les caractéristiques des mini-prêts instantanés

Des montants limités et remboursables à court terme

C'est une des différences des mini-prêts avec les crédits conso traditionnels : les sommes qui peuvent être empruntées sont limitées. Elles commencent généralement à 100 euros et ne dépassent pas 2 500 euros. Il s'agit, en effet, de prêts à très court terme : le délai de remboursement est généralement de 3 mois, parfois moins.

Un octroi simplifié

L'un des intérêts des mini-prêts instantanés, mis en avant par les distributeurs, est d'obtenir une réponse quasi-immédiate à la demande de crédits, sans justificatifs à fournir. Pour simplifier l'octroi, les prêteurs demandent à l'emprunteur de leur donner un accès à l'historique en ligne de ses comptes, en fournissant de manière sécurisée ses identifiants bancaires. Grâce aux données collectées, ils sont ensuite capables d'évaluer sur le champ sa capacité à rembourser.

Une disponibilité immédiate

Une fois le feu vert donné, les prêteurs proposent à l'emprunteur le virement immédiat des fonds sur son compte bancaire. Attention toutefois : cette disponibilité immédiate est optionnelle et payante.

Qui propose des mini-prêts instantanés ?

Début 2022, le marché français des mini-prêts instantanés compte trois types d'acteurs.

Des établissements de crédits spécialisés :

  • Floa Bank, filiale de BNP Paribas, commercialise des crédits Coup de Pouce, en direct, ou via un de ses partenaires, l'application de paiement Lydia.
  • Novum Bank, établissement de crédit originaire de Malte, propose en France un service nommée Cashper.

Des banques de détail :

  • Boursorama Banque, filiale de la Société Générale, propose le prêt Clic, à destination unique de ses clients.
  • LCL distribue Flex, un crédit instantané destiné à ses clients et accessible exclusivement sur son application mobile.

Des acteurs spécialisés :

Regroupez vos crédits! Jusqu'à -60% sur vos mensualités. Réponse en 48h

Combien coûte un mini-prêt instantané ?

Les frais facturés aux usagers des mini-prêts instantanés sont considérés comme « négligeables », ce qui leur permet aussi d'échapper au cadre réglementaire du crédit à la consommation. Rapportés aux montants empruntés et à la durée de remboursement, ils sont toutefois plus élevés qu'un prêt personnel classique.

Les frais facturés par les prêteurs sont généralement calculés en proportion du montant emprunté : entre 1 et 4%, selon les acteurs et les montants. Seuls Boursorama Banque (de 5 à 20 euros, selon le montant emprunté) et LCL (de 2 à 20 euros) facturent des frais fixes.

La plupart des acteurs font également payer, en complément, une « option express », qui permet de recevoir les fonds instantanément. C'est le cas de Floa Bank et Lydia (entre 0,01 et 40 euros selon le montant emprunté), de Bling (5 euros) ou encore de Cashper (30% du montant emprunté). Ces « options express » font décoller le coût de l'avance, parfois au-delà des taux maximum autorisés (ou seuils de l'usure) qui s'appliquent normalement aux crédits.

Enfin, en cas de difficultés de remboursement, les emprunteurs s'exposent à des frais de retard, qui dans l'immédiat ne sont pas plafonnés.

Les critiques à l'égard des mini-prêts instantanés

Dans une enquête publiée en avril 2021, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé le coût jugé « hallucinant » de ces mini-prêts, au regard du service rendu. Selon ses calculs, le taux annualisé d'un mini-prêt instantané de 100 euros s'échelonnait, à cette date, de 21% à 2 234%, généralement en raison du coût important, rapporté à la somme empruntée, de l'option express. Des niveaux de taux qui seraient illégaux si ces mini-prêts étaient considérés par la réglementation comme des crédits à la consommation, puisque dépassant le taux de l'usure. Dans la foulée, UFC-Que Choisir a déposé une plainte pour pratiques commerciales trompeuses contre Bling, Cashper et Floa Bank, trois acteurs du marché.

Le 1er avril 2022, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, régulateur du secteur financier en France, a publié un communiqué rappelant deux règles :

  • les professionnels distribuant ces mini-prêts doivent disposer d'un agrément et donc être répertoriés au Registre des agents financiers (Regafi) ;
  • les frais facturés, coût de l'option instantanée inclus, doivent respecter la réglementation sur l'usure.

Dans la foulée de ce rappel à l'ordre, Bling, qui ne bénéfie d'aucun agrément financier, a interrompu, « momentanément » promet-il, ses activités. Floa Bank, de son côté, a modifié la facturation de l'option instantanée de ses prêts Coup de pouce, afin de faire passer leur coût sous le seuil de l'usure.

En septembre 2021, une mission parlementaire « relative à la prévention du surendettement et au développement du microcrédit », dirigée par le député Philippe Chassaing, a proposé de mieux encadrer la distribution de ces mini-prêts instantanés, au même titre que le paiement en plusieurs fois, en créant sans délai un « socle minimal de règles précontractuelles et contractuelles, notamment en matière de publicité, de coût du crédit et d'évaluation de la solvabilité ». La mission estime en effet qu'en l'absence de cadre, « ces pratiques risquent (...) d'être préjudiciables aux intérêts des particuliers, pour autant qu'elles échappent au cadre réglementaire actuellement applicable en matière de crédit à la consommation. »

Pour adapter la réglementation à ces nouvelles formes de prêt, la Commission européenne travaille sur une nouvelle directive sur le crédit à la consommation, dont le texte définitif devrait être publié au 2e semestre 2022.

© MoneyVox 2022 / Vincent Mignot / Page mise à jour le / Droits réservés