Des escrocs qui se baladent avec un terminal de paiement dans des transports en commun bondés pour réaliser des paiements sans contact : c'est la « dernière fraude à la mode ». Voici ce que vous risquez vraiment.

Elle refait parler d’elle. A Montpellier, l’arnaque au sans contact sévit dans le tramway, rapporte un article du Midi Libre : « Les fraudeurs se munissent d’un TPE, un terminal de paiement électronique, pour lire les cartes bancaires, entrent une somme (jusqu’à 50 euros ) et peuvent ainsi la subtiliser à leurs victimes« . Un agent des transports de l’agglomération de Montpellier décrit le mode opératoire de « cette dernière fraude à la mode ». « Ils se déplacent par trois ou quatre, se collent aux gens, détournent leur attention d’une manière comme une autre. L’un d’eux a une machine, s’est vite approché d’un sac ou d’une poche. Nous les connaissons, il y en a un qui opère avec une attelle au bras, il cache ce qu’il veut dedans. Et les gens ne se doutent de rien. Même sur leurs relevés bancaires. C’est pour ça que nous avons très peu de signalements ou de plaintes mais on voit leur manège, on les connaît, c’est une nouvelle bande », explique Antoine au quotidien montpelliérain.

Un phénomène « marginal » ?

Cette arnaque rappelle celle qui faisait déjà les gros titres à l’été 2019 et qui concernait les plages. Un article de Nice-Matin évoquait des escrocs installant leur serviette « à côté de [la] proie » pour « ponctionner à distance » son compte bancaire, si celle-ci « dispose d’une carte bancaire sans contact dans son sac ». Un phénomène alors jugé « marginal » par un commissaire de police qui estimait que ce type de fraude était plus susceptible de se dérouler dans les transports aux heures de pointe. Pour les escrocs, il est en effet plus facile de passer à l’action incognito pour approcher un TPE à proximité de leurs victimes.

Selon le dernier Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rattaché à La Banque de France, « en 2019 et comme les années précédentes, la fraude sur les paiements sans contact résulte seulement du vol ou de la perte de la carte. ».

A priori, pour l’instant, pas vraiment de trace statistique de cette arnaque au TPE. Mais la donne pourrait changer. En effet, le sans contact a été érigé en geste barrière contre l’épidémie de coronavirus. Depuis un an, le plafond de paiement sans contact est passé de 30 à 50 euros. « Cette augmentation rend la fraude plus intéressante », explique un expert du secteur de la monétique.

Dans un article publié ce mercredi, Le Canard Enchaîné alerte sur « le paiement sans contact, nouvelle cible des truands ». « Depuis 3 ans, ces affaires sont de plus en plus fréquentes », selon un gendarme enquêteur, interrogé par l'hebdomadaire. De son côté la Fédération bancaire française (FBF) rapporte qu'aucun de ses adhérents n'a enregistré de hausse significative de la fraude au sans contact depuis le passage du plafond à 50 euros.

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Des risques limités

Mais en pratique, les risques sont limités pour les particuliers. En effet, un paiement sans contact ne peut dépasser 50 euros, et les banques réclament la saisie du code secret dès 150 euros d’achats consécutifs cumulés ou de 5 opérations consécutives dont le montant totale est inférieur à 150 euros. En résumé, au pire du pire, un escroc peut vous subtiliser 150 euros. Et dans la pratique, selon le Canard Enchaîné, c'est rarement 50 euros qui est subtilisé mais plus facilement 5, 10 voire 15 euros fauchés dans le métro ou une queue de cinéma.

Pour éviter cette mésaventure, « L’utilisation d’un étui de protection bloque les tentatives de piratage », rappelle La Banque de France. Un étui qui peut être réclamé à votre banque, gratuitement le plus souvent. Notre expert évoque la solution aussi d'un « portefeuille protecteur de type cage de Faraday ».

Dans tous les cas, même si vous avez été victime d'une fraude, pas de panique. Dès que vous avez connaissance d’une fraude, prévénez votre banque. Elle « est dans l'obligation de vous rembourser sans tarder les débits frauduleux et les frais prélevés indument, sauf à ce qu'elle démontre que vous avez été particulièrement négligent dans la conservation de vos données bancaires », explique la Banque de France. On ne le répètera jamais assez, mais pensez, si possible, à consultez régulièrement vos comptes à la recherche d'anomalies.