Le succès dApple Pay semble se confirmer aux Etats-Unis. Apple na pas encore fourni de chiffres globaux, mais son principal partenaire bancaire, Bank of America, a annoncé mi-janvier que 800.000 de ses clients utilisaient déjà le service, pourtant uniquement disponible sur le dernier smartphone de la marque, liPhone 6. De bon augure pour la marque à la pomme.
Ce succès, toutefois, semble avoir un revers : un taux de fraude particulièrement élevé. Selon un récent article du quotidien britannique The Guardian [Lien en anglais], qui cite des sources internes à lindustrie des paiements, le préjudice, après un trimestre dexistence du service, se chiffrerait déjà en « millions de dollars » : bien plus quattendu.
Apple Pay permet de régler des achats sans contact avec liPhone 6, grâce à la technologie NFC (pour Near Field Communication, communication en champ proche). Pour sécuriser ces paiements, Apple a prévu un dispositif, appelé « tokenisation », qui permet déviter léchange (et donc léventuelle interception) de données bancaires confidentielles entre le terminal de paiement et le téléphone. Les paiements sont authentifiés grâce à un capteur biométrique intégré, Touch ID. Ces technologies ne semblent pas en cause.
Des vérifications didentité insuffisantes
Mais avant de pouvoir utiliser le service en magasin, lusager doit entrer ses coordonnées de carte bancaire dans lapplication, afin den créer un double numérique. Et cest là, semble-t-il, que le bât blesse. Cest en effet aux banques partenaires dApple dapprouver, à ce stade, lajout de la carte, en vérifiant lidentité de son client. Et ces contrôles sont apparemment loin dêtre infaillibles. Résultat : certains fraudeurs auraient réussi à usuper lidentité de clients et à effectuer des achats, notamment dans des Apple Stores, les magasins physiques de la marque, qui acceptent tous ce nouveau moyen de paiement et vendent des biens faciles à revendre.
Que faire pour éviter ces fraudes ? Apple aurait demandé aux banques partenaires de généraliser lauthentification renforcée, grâce par exemple à lenvoi dun code unique envoyé par SMS, à limage du système 3D Secure utilisé pour valider les paiements sur internet. Une solution de nature à circonscrire la fraude, mais sans doute pas à la juguler totalement. La preuve, une fois encore, quaucun moyen de paiement, même conçu par le leader mondial du secteur technologique, nest jamais complètement sûr.















