1 - Pourquoi vous l'avez (peut-être) déjà lu ou entendu
« Co-badging » : reconnaissons-le, il n'est pas certain que vous ayez déjà entendu ou lu ce mot, peu utilisé dans l'espace médiatique. Pourtant, ces derniers temps, quelques occurrences de cet anglicisme sont apparues dans la presse spécialisée, surtout à l'occasion d'articles sur les enjeux de souveraineté européenne dans le secteur des paiements. C'est le cas, chez MoneyVox, dans cet article consacré à CB, le réseau français de paiement par carte.
Carte bancaire : le mode d'emploi pour payer avec CB, le réseau français
2 - « Co-badging », qu'est-ce que ça veut dire ?
Comme souvent pour les termes techniques apparus dans des secteurs très internationalisés, comme celui des paiements, le terme anglo-saxon s'est imposé en France. La traduction la plus convaincante, quoique très approximative — et de fait jamais utilisée —, pourrait être « double logo ».
Les cartes dites « co-badgées », en effet, sont des cartes capables de fonctionner sur deux réseaux d'acceptation, un réseau national et un réseau international, dont elles portent les logos respectifs.

En France, ces cartes fonctionnent à la fois sur le réseau domestique CB et sur un des deux grands réseaux internationaux, Visa et Mastercard, selon votre choix ou celui de votre banque. Elles sont largement majoritaires en France : fin 2025, près de 70 millions de cartes co-badgées y circulaient et servaient à payer plus des deux tiers (65%) de la consommation courante dans l'Hexagone (1).
Quel est l'intérêt de posséder une carte co-badgée ? Du point de vue de l'usage quotidien, cela ne change pas grand-chose. L'immense majorité des points de vente en France, en effet, acceptent les paiements par Visa et Mastercard. CB n'est donc pas indispensable, et, d'ailleurs, certaines banques très populaires en France, comme BoursoBank ou Revolut, s'en passent.
À y regarder de plus près, les cartes co-badgées présentent tout de même quelques atouts :
- elles fonctionnent en cas de (très rares) pannes de Visa ou Mastercard ;
- elles autorisent les paiements dits « offline », c'est-à-dire sans interrogation de la banque, ce qui peut accélérer les transactions et limiter les refus de paiement.

Il existe toutefois un argument encore plus puissant en faveur des cartes co-badgées : celui de la souveraineté. Le marché européen des paiements par carte, en effet, est dominé par des acteurs basés aux États-Unis, Visa et Mastercard. Or ces derniers ont récemment montré qu'ils étaient sensibles aux pressions politiques : ils ont obtempéré lorsque la Maison-Blanche leur a demandé de bloquer les cartes de plusieurs magistrats de la Cour pénale internationale placés sous sanctions par l'administration Trump.
Si ce type de sanctions était étendu à l'ensemble des Européens, par exemple dans le cadre d'une guerre commerciale avec les États-Unis, l'existence de CB permettrait aux Français de continuer à payer par carte. Autrement dit, utiliser une carte co-badgée revient à soutenir une infrastructure de paiement souveraine.
Carte bancaire : ça veut dire quoi, « payer français » ?
Série « le jargon de l'argent »
Un mot. Un article. Cet été, MoneyVox décrypte certains mots du jargon de l'argent. Retrouvez ici le dossier de cette série. Et n'hésitez pas à nous soumettre une proposition de mot à décrypter via notre boîte « question de lecteur ».
(1) Source : rapport d'activité 2025 de CB















