La Banque de France va engager la deuxième phase de ses expérimentations d'un « euro digital », a annoncé mardi son gouverneur.

« Nous engageons la deuxième phase de notre programme d'expérimentations » de cette monnaie électronique de Banque centrale, a déclaré François Villeroy de Galhau, à l'occasion d'un cycle de conférences organisé par l'association de promotion de la place économique parisienne Paris Europlace. « Nous voulons nous rapprocher d'un prototype viable, le tester en pratique avec plus d'acteurs privés et plus de Banques centrales étrangères au second semestre de cette année et l'an prochain », a-t-il continué, avec l'ambition de proposer cette monnaie « comme actif de règlement dès 2023 ».

La Banque centrale avait annoncé en décembre dernier avoir conclu « avec succès » la première phase d'expérimentation de l'euro digital. Le projet date de fin 2019, en réponse à des initiatives privées comme celle de Facebook, qui a depuis mis le sujet de côté.

Des échanges décentralisés et infalsifiables

Si une monnaie numérique de Banque centrale semble s'apparenter aux cryptomonnaies, elle s'en démarque sur la philosophie, reprenant plutôt la technologie qui la sous-tend, la « blockchain » - ou chaîne de blocs -, et qui permet des échanges décentralisés et infalsifiables.

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Les principales Banques centrales du monde planchent sur le sujet, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou encore en Inde, et sont à des stades plus ou moins avancés. Le projet de livre sterling numérique de la Banque d'Angleterre (BoE), ou « britcoin », avait cependant laissé sceptique en début d'année la chambre des Lords britannique, n'y voyant pas d'avantage concret.