Un responsable de la banque centrale américaine (Fed) anticipe plusieurs hausses des taux directeurs d'un demi-point d'ici la fin de l'année, et « jusqu'à ce que l'inflation soit revenue proche de notre cible de 2% », estimant cela possible sans faire grimper le chômage.

« Je suis favorable à un resserrement de 50 points de base (un demi-point de pourcentage, NDLR) supplémentaires au cours de plusieurs réunions », a declaré lundi Christophe Waller, l'un des gouverneurs de la Fed, lors d'un discours virtuel devant l'Université Goethe de Francfort, en Allemagne.

La Fed relève habituellement ses taux directeurs par tranches d'un quart de point de pourcentage, mais elle a, début mai, eu recours à une forte hausse d'un demi-point, pour la première fois depuis 2000, afin de juguler l'inflation record.

Réduire la demande pour maitriser l'inflation

« Je ne retirerai pas de la table les hausses de 50 points de base tant que je n'aurai pas vu l'inflation se rapprocher de notre objectif de 2% », a-t-il précisé.

Les taux, qui se situent dans une fourchette de 0,75 à 1%, devraient, selon lui, être relevés d'ici la fin de l'année jusqu'à dépasser le niveau dit « neutre », considéré comme compris entre 2,00 et 3% environ.

Il a ainsi dit être sur la même ligne que les attentes des marchés, évoquant des taux en hausse de 2,5 points au total sur l'année, passant de la fourchette de 0 à 0,25% dans laquelle ils se trouvaient jusqu'en mars, à 2,5-2,75%.

« Si nous devons faire plus, nous le ferons », a-t-il encore assuré.

Un tel mouvement doit permettre de réduire « la demande de produits et de main-d'œuvre, (l'aligner) davantage sur l'offre et (aider) ainsi à maîtriser l'inflation », a-t-il souligné.

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M. Waller a par ailleurs estimé que « l'atterrissage en douceur » promis par le président de la Fed, Jerome Powell, était possible : « je reste optimiste sur le fait que le solide marché du travail peut supporter des taux (directeurs) plus élevés sans une augmentation significative du chômage ».

Et, alors que les craintes grandissent de voir l'économie américaine tomber dans la récession, après une baisse du produit intérieur brut au 1er trimestre, il s'est également montré rassurant.

Cette contraction « était due à des fluctuations dans deux catégories volatiles, les stocks et les exportations nettes, et je ne m'attends pas à ce qu'elles se reproduisent ».

La Fed privilégie l'indice PCE, qui a montré une inflation de 6,3% sur un an en avril, moins forte que les 6,6% de mars. Sur un mois, le ralentissement est encore plus marqué, à 0,2% contre 0,9%.