Les 2 millions de détenteurs de comptes Nickel peuvent désormais déposer des chèques. Un service très attendu et inédit pour un compte de paiement, mais qui ne sera pas gratuit.

C’est une première pour un acteur extra-bancaire. Les clients de Nickel, plus de 2 millions en France actuellement, peuvent désormais déposer des chèques sur leur compte. Un service très attendu. « C’était un bruit qu’on entendait depuis un moment chez nos clients : je veux pouvoir encaisser des chèques », raconte Marie Degrand-Guillaud, directrice générale déléguée de Nickel. Pour confirmer cette impression, le compte de paiement disponible chez plus de 6 000 buralistes a sondé ses abonnés sur les réseaux sociaux. Résultat : plus de 85% des répondants ont voté pour.

Comment ça marche ?

Le dépôt de chèques chez Nickel se fait en deux temps :

  • la remise en ligne, grâce à un bordereau accessible sur l’espace client web ou mobile ;
  • l’envoi du chèque par courrier postal.

Délai d’encaissement : 15 jours ouvrés à compter de la réception du chèque par Nickel. Vous pouvez suivre l’évolution du traitement du chèque dans l’espace client.

Plafonds :

  • 1 500 euros maximum par chèque.
  • 3 000 euros maximum par mois calendaire.

Prix : 3 euros par dépôt de chèque + frais d’envois postaux. Frais d’impayé pour tous les motifs sauf l’insuffisance de fonds de l’émetteur : 20 euros.

Nickel croit dans le chèque

Comment expliquer un tel engouement pour un moyen de paiement qui représente désormais moins de 5% des paiements hors cash ? « La France reste une exception en Europe », estime Marie Degrand-Guillaud. « Même avec un usage en baisse, le chèque reste un moyen de paiement populaire, qui touche à peu près tout le monde et crée de la confiance chez certains. Il permet pour payer des dettes, de se rembourser entre particuliers, de payer quelqu’un en échange d’un service… On ne croit pas du tout à la disparition du chèque à court terme : il restera un moyen de paiement important en France, au moins dans les 5 ou 10 ans. »

Du côté de Nickel, l’ajout du dépôt de chèque a un gros avantage. Il permet en effet de lever un des obstacles qui l’empêchent encore d’atteindre son premier objectif : permettre à ses clients d’en faire leur compte principal en leur donnant accès à tous les services indispensables au quotidien.

Une sécurité renforcée

Autoriser le dépôt de chèque quand on n’est pas une banque de plein exercice, toutefois, n’est pas simple. C’est d’ailleurs pour cela, sans doute, qu’aucun concurrent direct de Nickel n’est encore allé sur ce terrain. Premier petit obstacle : l’absence de point de contact physique pour effectuer les dépôts. Les buralistes ne seront ainsi pas habilités à recevoir les chèques : il faudra en passer par un bordereau numérique et un envoi par la Poste.

Le principal problème à régler, toutefois, était ailleurs. Le chèque, il faut le rappeler, est le moyen de paiement le moins sûr. Rien n’indique lorsque vous le recevez, que la somme payée sera effectivement versée. Les risques sont légion. Le compte du payeur peut ne pas être suffisamment approvisionné (le fameux « chèque en bois »). Le chèque peut avoir été falsifié, volé et être mis en opposition… Avec une conséquence : le bénéficiaire, s’il a déjà dépensé les fonds, peut se retrouver à découvert.

15 jours pour disposer de l'argent

Or Nickel n’autorise pas ses clients à passer dans le rouge : il n’en a pas le droit puisqu’il n’est pas une banque de plein exercice. Pour éviter ce cas de figure, il a donc mis en place une solution drastique : un délai d’encaissement de 15 jours ouvrés, contre 2 ou 3 jours dans les banques traditionnelles, le temps de s’assurer de l’authenticité du chèque et des capacités de paiement de l’émetteur.

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Un paradoxe pour un acteur qui, par ailleurs, fait l’apologie du temps réel. Marie Degrand-Guillaud assume : « C’est le délai nécessaire pour sécuriser nos clients. Comme toutes les fintechs, nous devons faire des arbitrages subtils entre fluidité et sécurité. Nous avons fait le meilleur choix selon nous : un parcours de dépôt hyper simple, qui prendra 5 minutes, mais un délai pour s’assurer que tout est OK. »

Une sécurité qui a un coût

Ce souci de sécuriser les dépôts de chèque a un coût. Nickel, fidèle à sa ligne — des services payants lorsqu’ils représentent un coût pour l’entreprise, mais aux tarifs transparents et stables dans le temps — va le répercuter sur ses clients. Chaque dépôt de chèque coûtera ainsi 3 euros, auxquels s’ajouteront les frais d’envois postaux, à la charge du dépositaire.

Une rupture avec les pratiques des banques traditionnelles, qui « offrent » le chèque. Là encore, c’est totalement assumé. « C’est le prix des coûts associés à la sécurisation », argumente Marie Degrand-Guillaud. « Ces 3 euros sont peu chers, si l’on compare le coût annuel d’un compte Nickel (65 euros par an en moyenne) avec celui d’un compte courant dans une banque traditionnelle (215 euros). »

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