Le chèque est plus que jamais le moyen de paiement, hors espèces, le plus exposé aux escroqueries en France, devant la carte bancaire. Voici à quoi ressemble cette fraude, et comment s'en prémunir.

Une fois encore, la fraude aux chèques explose. C'est le constat dressé ce vendredi par la Banque de France à l'occasion de la présentation du rapport annuel de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, pour l'année 2021.

Le montant total des opérations frauduleuses par chèque progresse à 625 millions d'euros, un bond de 16,3% par rapport à 2020 ! Pour la quatrième année de suite, le chèque est le moyen de paiement le plus fraudé, même si son usage décline. Il ne représente plus que 3,9% des transactions réalisées, loin derrière le paiement par carte bancaire (56,9%). Depuis 2016, le nombre de paiements par chèque est passé de plus de 2 milliards à 589 millions.

Sur un montant total de fraude de 1,24 milliard d'euros, le chèque en représente plus du tiers (37%). Le taux de fraude en valeur des chèques se situe ainsi à 0,079%. C'est-à-dire 79 euros fraudés pour 100 000 euros payés par ce moyen. Et le préjudice subi par les victimes est lourd : 1 948 euros en moyenne en cas de fraude par chèque.

Paiement par chèque : risques et incidents

Pourquoi la fraude sur le chèque explose-t-elle ?

Bien qu'en déclin, le chèque reste encore très largement utilisé en France, plus que dans aucun autre pays en Europe et sans doute dans le monde. Simple d'usage, gratuit, universel, il reste notamment utilisé pour régler des montants élevés, qui dépassent votre plafond de carte bancaire. Pour les ménages modestes, il fait office de facilité de crédit à court-terme, permettant de payer en plusieurs fois certains montants élevés ou d'obtenir un délai d'encaissement.

Le chèque paye toutefois ses insuffisances de sécurité. Il est en effet, de loin, le moyen de paiement le plus facile à détourner. Plus, notamment, que la carte bancaire, dont les progrès dans le domaine vont croissant grâce à l'usage de dispositifs d'authentification forte. Il constitue donc une aubaine pour les fraudeurs, qui se reportent de plus en plus sur lui.

Quelle forme prend la fraude sur le chèque ?

La forme de loin la plus fréquente (64% des cas de fraude en 2021) est l'utilisation de chèques perdus ou volés. Le fraudeur utilise alors le chéquier pour régler des achats, ou encaisser des chèques, sur un compte ouvert sous une fausse identité ou sur celui d'un tiers. Les fraudeurs utilisent parfois des « mules », des personnes recrutées sur les réseaux sociaux et chargées, contre la promesse d'une rémunération, d'encaisser les chèques frauduleux sur leurs propres comptes bancaires, puis de leur reverser les fonds. Une forme de complicité qui constitue un délit passible de poursuites judiciaires.

Dans 31% des cas en 2021, la fraude est liée à la falsification ou au détournement d'un chèque régulièrement émis : le fraudeur modifie par exemple le montant ou le bénéficiaire d'un chèque valide.

Enfin, la contrefaçon de chèques, c'est‐à‐dire l'encaissement de chèques fabriqués de toutes pièces par le fraudeur, représente 5% des cas.

Comment sécuriser vos chèques ?

Face à l'explosion de la fraude, la Banque de France travaille sur des pistes de renforcement de la sécurité du chèque. En attendant, il faut faire preuve de vigilance ! Voici quelques conseils pour protéger vos chèques.

Attention aux envois de chéquiers par courrier ! - Il arrive que les chéquiers soient volés avant même d'arriver entre vos mains. À La Poste, par exemple, ou dans votre boîte à lettres. Si vous avez choisi de les recevoir par courrier - c'est nécessairement le cas si vous êtes clients d'une banque en ligne -, soyez vigilants. A partir du moment où votre banque vous avertit de l'envoi, surveillez votre boîte à lettres. Et si le chéquier n'arrive pas dans un délai raisonnable (2 ou 3 jours), n'hésitez pas à prévenir le service clients.

Dans son Observatoire, la Banque de France appelle ainsi les établissements bancaires « à améliorer la lutte contre les chèques perdus et volés, en renforçant la sécurité de l'acheminement des chéquiers (par exemple, en alertant le client par SMS de l'envoi du chéquier tout en lui demandant de réagir au plus vite s'il ne l'a pas reçu sous un certain délai) ». Pour autant, la Banque de France incite les clients à privilégier le retrait de chéquiers directement en agence.

Enfin, si vous n'avez pas confiance dans votre facteur, n'hésitez pas à opter pour un envoi en recommandé, généralement payant, mais rassurant.

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Emportez vos chéquiers lorsque vous partez en vacances - De moins en moins utilisé (et accepté) pour les paiements du quotidien, le chèque a peu d'intérêt lorsqu'on part en vacances. Attention toutefois à ne pas laisser vos chéquiers en évidence à votre domicile : cela pourrait vous coûter cher en cas de cambriolage. Mieux vaut malgré tout les emmener avec vous, ou leur trouver une excellente cachette.

Lorsque vous émettez un chèque : attention à la manière de le remplir ! La meilleure façon d'éviter de voir un de vos chèques falsifié est d'être rigoureux au moment de le remplir :

  • remplissez vos chèques à l'encre noire ;
  • évitez les ratures ;
  • inscrivez le nom du bénéficiaire et les montants en chiffres et en lettres sans laisser d'espace libre et tirez un trait sur l'espace restant non utilisé.
  • ne laissez rien en blanc, pas même la date et le lieu ;
  • ne faites pas déborder la signature sur la ligne de chiffres en bas du chèque ;
  • et bien sûr, ne signez jamais un chèque en blanc !

Il arrive encore que certains commerces remplissent automatiquement les chèques : dans ce cas, vérifiez bien le montant et les autres mentions indiquées avant de le signer.

Lorsque vous recevez un chèque, soyez vigilant ! Vérifiez bien que toutes les mentions obligatoires y figurent :

  • la signature de l'émetteur du chèque ;
  • le nom de la banque qui doit payer ;
  • l'indication de la date et du lieu où le chèque est établi ;

Idéalement, le chèque doit être également être exempt de ratures ou de surcharges, qui peuvent vous indiquer une origine frauduleuse.

Enfin, si vous recevez un chèque de banque, une pratique encore courante pour les achats entre particuliers, n'hésitez pas à contacter la banque émettrice en recherchant par vous‐même ses coordonnées (sans vous fier aux mentions présentes sur le chèque) pour en confirmer la validité avant de finaliser la transaction.