La banque détenue à 60% par Carrefour et 40% par BNP Paribas vient se voir infliger une amende de 1,5 million d’euros en raison de manquements notamment en matière de lutte anti-blanchiment. Au cœur du litige, le compte courant C-zam.

Le gendarme du secteur bancaire n’a pas fait de cadeau. Alors que Carrfour Banque souhaitait anonymiser la décision de l’ACPR, au risque de créer un « préjudice disproportionné », ce dernier en a décidé autrement. Ce vendredi Les Echos révèlent que le superviseur a dévoilé lundi un blâme et une amende salée de 1,5 million d'euros au regard d’une douzaine de griefs en matière de lutte anti-blanchiment, entre autres. Face à la gravité « des manquements, des éléments d'aggravation et d'atténuation », la décision sera maintenue dans le domaine public pendant cinq ans.

Au cœur du litige : le compte courant C-zam qui a rendu l’âme l’an dernier. « Aucun document justificatif des revenus ou du patrimoine n'était exigé lors de l'ouverture d'un compte C-zam pour les clients dont l'établissement considérait pourtant qu'ils présentaient un profil de risque élevé, notamment en raison de leur situation professionnelle », fustige l'autorité prudentielle. Résultat, 696 clients titulaires de comptes C-zam ont déclaré un revenu de plus de 10 000 euros par mois, « qui était incompatible avec la situation professionnelle indiquée » (étudiants, demandeurs d’emploi…).

C-zam, une mauvaise affaire

L’établissement, détenu à 60% par Carrefour et à 40% par BNP Paribas, a fait savoir que « ces manquements remontent à deux ans » et que « toutes les mesures correctives nécessaires pour répondre aux constats de l'ACPR ont été mises en place depuis ».

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Le compte C-zam aura donc été une bien mauvaise opération puisqu’il a entraîné des pertes récurrentes selon l’ACPR, jusqu’à sa suppression après seulement trois années de commercialisation.